Des noms sur les murs du camp de Drancy

Catégorie : Expositions, Seine-Saint-Denis  |  le 02 Juin 2014 par Laurence Abensur-Hazan

Les graffiti du camp de Drancy

Des traces de l’histoire se cachent parfois dans des endroits insoupçonnés… C’est ce qu’illustre l’exposition que proposent en ce moment les Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine, sous le titre "Traces. Les graffiti du camp de Drancy".

Si ce lieu est devenu symbolique du sort tragique des Juifs de France durant la Seconde Guerre mondiale, c’est parce qu’il a vu passer, d’août 1941 à août 1943, 63.000 d’entre eux avant leur départ vers les camps de la mort. Des prisonniers de guerre, puis plus tard des personnes soupçonnées de collaboration y furent aussi internés. Ce sont donc 100.000 personnes au total qui transitèrent par ce lieu.

Ces bâtiments, connus sous le nom de "cité de la Muette", avaient été construits dans les années 1930 par l’Office public d’habitations à bon marché.

Lors de leur rénovation en 2009, 70 blocs de plâtre couverts de graffiti d’internés ont été découverts. C’est un échantillon de ceux-ci que les Archives nationales ont choisi de présenter, en ayant soin de reconstituer le plus précisément possible l’histoire de leurs auteurs.

Ces témoignages – écrits ou dessinés – révèlent le quotidien des internés bien sûr, mais très souvent aussi leurs inquiétudes concernant leurs proches, qu’ils aient échappé à l’arrestation ou qu’ils soient eux aussi internés.

L’exposition révèle, à titre d’exemple, l’histoire de trois familles, l’une originaire de Pologne, les Altermann, les deux autres venues de Salonique (Thessaloniki, Grèce) et Constantinople (Istanbul, Turquie), les Eskenazi et les Setion. A partir des traces qu'elles laissèrent de leur passage par Drancy, l’équipe en charge de l’exposition a pu reconstituer leurs parcours, depuis leur arrivée en France jusqu'à leur déportation, à travers les documents conservés par les Archives nationales. Dossiers de naturalisation, dossiers d'aryanisation économique des entreprises, fichiers de la Préfecture de police de la Seine, cahiers de mutations du camp se complètent ainsi pour reconstituer tout un pan de l’histoire des familles décimées par la Shoah.

Les travaux de rénovation de la cité de la Muette n’étant pas terminés, il est très probable que le lieu révèlera dans les mois et années à venir d’autres témoignages, traces cachées de la mémoire des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui y furent enfermés.

Renseignements pratiques :

  • "Traces. Les graffiti du camp de Drancy", du 13 mai au 10 juillet 2014, du lundi au vendredi, de 9h à 16h45 et le samedi de 9h à 16h45, sous réserve de l’ouverture de la salle de lecture.
  • Archives nationales (site de Pierrefitte-sur-Seine), 59 rue Guynemer, 93380 Pierrefitte-sur-Seine
  • Site Internet : www.archives-nationales.culture.gouv.fr/an
  • Les graffiti du camp de Drancy – Des Noms sur des murs, ouvrage sous la direction de Benoît Pouvreau, Éditions Snoek / Conseil général de la Seine-Saint-Denis, 2013.

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