Quand les Archives nationales exposent des "Présumées coupables"

Catégorie : Expositions, Paris  |  le 29 Novembre 2016 par Laurence Abensur-Hazan

Présumées coupables

Pour leur exposition de l'hiver, les Archives nationales de France ont choisi de mettre les femmes à l'honneur à travers les procès dont elles ont été l'objet au cours de l'histoire.

Sous le titre Présumées coupables, ce sont 320 procès-verbaux originaux d'interrogatoires qui sont présentés dans une scénographie facilitant le repérage thématique et sous une lumière volontairement faible pour protéger les documents. Pièces essentielles de cette exposition, ils ont été extraits principalement des fonds judiciaires des Archives nationales.

Pour traiter ce sujet inédit dans le cadre d'une exposition destinée au grand public, cinq types de femmes confrontées à la Justice - et son inévitable corollaire...l'injustice - ont été choisies pour leur aspect emblématique du sort réservé au sexe dit faible. Ces cinq archétypes servent de fil conducteur à l'exposition, chacun faisant l'objet d'une section. La première et la plus importante est consacrée aux sorcières pour lesquelles la documentation est abondante dès le 14e siècle. Les sorcières ont aussi préfiguré et nourri les autres types de femmes présentées, certains plus proches de nous dans l'histoire, et toujours présumées coupables même si pas toujours condamnées : l'empoisonneuse, l'infanticide, la pétroleuse sous la Commune de Paris et la traîtresse accusée de collaboration "horizontale" à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Pour chaque catégorie de femmes accusées, des exemples célèbres sont évoqués à travers les procès-verbaux d'interrogatoires et, autant que possible, une iconographie issue de journaux, gravures ou photographies.

Pour les visiteurs non habitués aux archives, le parcours s'appuie heureusement sur un dispositif multimédia doté d'un système de pictogrammes, qui permet de lire sur écran des extraits des documents avec leur transcription ou leur traduction dans un français plus actuel ou de se reporter au livret d'accompagnement disponible à l'entrée.

Les généalogistes plus aguerris eux aux documents pourront en profiter - à condition de ne pas oublier leurs lunettes ! - pour s'essayer à la paléographie.

Au-delà de l'intérêt lié aux archives exceptionnelles présentées, c'est toute la question de l'image de la femme et de la façon dont elle a été - et reste encore trop souvent - considérée par les hommes et par la société qui est ici mise en avant. Le titre de l'exposition n'a pas été choisi par hasard : il ne prend pas partie sur la culpabilité ou non des femmes poursuivies mais il souligne combien les accusées étaient présumées coupables parce qu'elles étaient des femmes...

  • Pour y aller : Archives nationales, Hôtel de Soubise, 60 rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris.
  • Présumées coupables, du 30 novembre 2016 au 27 mars 2017 : du lundi au vendredi de 10h à 17h30 ; samedi et dimanche de 14h à 17h30 ; fermé le mardi et les jours fériés.
  • Présumés coupables, ouvrage publié par les éditions de l'Iconoclaste et les Archives nationales, préface d'Elisabeth Badinter, 320 pages, 25 €.
  • Club RFG : Visite privée de l'exposition le mardi 17 janvier 2017 de 14h à 15h30. Inscription : www.rfgenealogie.com/le-club/visite-privee-de-l-exposition-presumees-coupables
Présumées coupables

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