Les migrations par le travail des Savoyards du Haut-Faucigny

Catégorie : Expositions, Haute-Savoie  |  le 01 Juin 2010

Le musée de la Pente présente à nouveau cet été son exposition consacrée aux migrations par le travail des Savoyards du Haut-Faucigny. Cette rétrospective passionnante de l'histoire des colporteurs du XVIIe aux cols rouges de l'Hôtel Drouot de nos jours aura lieu du 3 juillet au 19 septembre 2010, de 15 h 30 à 18 h 30 (fermeture hebdomadaire le mardi et ouverture uniquement du mercredi au dimanche à partir du 1er septembre), à la Ferme à Isidore, 109 route de la Promenade à Combloux (74).

Dès le Moyen Âge, les Savoyards des villages de montagne du Faucigny, tout comme ceux de Tarentaise ou de Maurienne se devaient de quitter leur pays pour gagner leur vie ailleurs. La longueur des hivers, la faiblesse des rendements et l'irrégularité des récoltes obligeaient à une émigration saisonnière pendant la morte saison agricole. Vers la Toussaint, des groupes d'hommes et d'enfants partaient louer leur bras à Genève, Lyon, Turin mais aussi vers l'Allemagne et l'Autriche… La plupart étaient travailleurs saisonniers mais pour certains, les retours au pays finissaient par s'espacer, l'absence devenant temporaire puis définitive. Gagne-deniers, portefaix, ramoneurs, peigneurs de chanvre… La pauvreté contraignait certains à accepter des tâches pénibles et mal payées.
A côté de cette émigration de misère se développera une émigration marchande caractéristique du Haut-Faucigny. Ce sont d'abord les artisans ambulants, chaudronniers, magnins ou ferblantiers qui vendent et entretiennent les ustensiles de cuisine et les outils. Puis viennent les colporteurs-merciers qui portent leur « balle » sur les chemins. Certains auront des réussites exceptionnelles formant ainsi une aristocratie marchande très riche. Ces migrants fortunés garderont toujours un profond attachement à leur village d'origine, finançant des retables, aidant à la reconstruction d'églises, de chapelles et à l'installation de régences….
Après la Révolution, la France deviendra la principale destination de ces migrations. Paris, en plein essor industriel, comptera en 1860 40 000 Savoyards parmi lesquels une foule de domestiques, de frotteurs de parquets, de chauffeur de taxi mais aussi de commissionnaires à la salle des ventes… Ce sont les fameux cols rouges de l'Hôtel Drouot, dont la légende raconte que Napoléon III aurait attribué aux Savoyards le privilège d'y être commissionnaires…

Cette exposition retrace dans les grandes lignes, toute la complexité des migrations par le travail des Hauts Faucignerans entre le XIIe et le XXe siècle. Deux grandes parties se distinguent ; l'une consacrée aux destins des colporteurs, l'autre, encore d'actualité, aux cols rouges de l'Hôtel Drouot. Archives, estampes, photographies, documentaires vidéo illustrent l'ensemble de cette exposition. Entrée payante : 2,50 € par adulte ; gratuit pour les enfants accompagnés ; 2 € pour les groupe (10 personnes minimum).

Renseignements : Office du tourisme de Combloux, tél. 04 50 58 60 49

Il n'y a pas de commentaire

Plan du site La Revue française de Généalogie