"Sorcières, mythes et réalités" au Musée de La Poste à Paris

Catégorie : Expositions, Paris  |  le 28 Novembre 2011 par Véronique Tison

La sorcellerie, en France, est associée aux grands procès des XVIe et XVIIe siècles qui ont conduit au bûcher des milliers de personnes, à 80% des femmes. L’exposition donne à voir la série de tableaux peints en 1938 par le peintre espagnol José de La Pena sur les procès du pays de Labourd, au pays basque en 1609, qui se soldèrent par la mort d’une centaine de personnes, des femmes surtout et notamment les épouses de marins partis à la pêche sur les bancs de Terre Neuve. On découvre ensuite des gravures, objets et papiers anciens sur les affaires de possession diabolique qui secouèrent les couvents de Loudun et de Louviers lors de ce même XVIIe siècle qui fut bien sombre en la matière jusqu’à l’édit royal de 1682 qui interdit les poursuites judiciaires pour sorcellerie.

Mais la sorcellerie, et plus généralement les pratiques occultes, ne sont pas qu’une relique du passé. Insensibles au progrès des sciences, elles ont traversé les siècles en se greffant sur des croyances populaires immuables. La deuxième partie de l’exposition fait ainsi une large place à la vie rurale du XIXe et du début du XXe siècles en présentant une succession d’objets, certains très ordinaires, qui nous font entrer dans les mentalités d’autrefois. Objets quotidiens détournés de leur fonction première, tel le joug de bœuf placé au-dessus de la porte pour repousser le sorcier, talismans et amulettes portés sur soi pour se projeter d’un sort, chapelets, reliquaires portatifs de saints ; objets, aussi, utilisés par les sorciers des campagnes : grimoires avec leurs recettes de médecine populaire, plantes et cailloux aux vertus médicinales ou maléfiques, figurines piquetées d’aiguilles ou de clous, pendules, miroirs... Sans parler des animaux – le crapaud, le serpent, le corbeau parmi d’autres, dont la signification ou l’utilisation sont à chaque fois bien expliquées par les panneaux pédagogiques.

Un vrai travail d’ethnographe, qui a le mérite de plonger le généalogiste citadin dans l’univers surnaturel de ses ancêtres paysans.

Jusqu’au 31 mars 2012 au Musée de La Poste - 34 Boulevard de Vaugirard (en face de la Gare Montparnasse) - Tél 01 42 79 24 24 - Horaires : de 10h à 18h (20h le jeudi), sauf dimanche et jours fériés - Tarifs : 6,50 euros, tarif réduit 5,00 euros, gratuit pour les moins de 13 ans.

Des ateliers sont organisés pour les enfants, renseignements sur www.ladressemuseedelaposte.fr

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