La Réunion : état civil, recensements et matricules militaires en ligne

Catégorie : Archives, Réunion  |  le 09 Mai 2017 par Guillaume de Morant

Avis aux généalogistes aux racines réunionnaises : les Archives départementales disposent d'un beau panel de fonds en ligne. En tout près de près de 38 000 pages numérisées qui viennent compléter l'offre en ligne des Archives nationales d'Outre-Mer (ANOM).

Ainsi, les chercheurs d'ancêtres seront particulièrement intéressés par les registres paroissiaux et d’état civil, car ces fonds numérisés de façon systématique permettent de combler des lacunes des ANOM, en particulier pour les registres des esclaves. Sont accessibles actuellement les registres de l’Entre-Deux, La Possession, Saint-Joseph, Saint-Leu, Saint-Philippe et Salazie.

Concernant les affranchissement d'esclaves, de nouveaux registres sont disponibles, ceux de 1832 et les registres spéciaux de 1848. Ils ont été intégralement numérisés. 20 de ces registres ont fait l’objet d’un index par les Archives départementales en 1975 ; il facilite la recherche pour les communes de Saint-Denis, Saint-Pierre et Saint-Paul.

A voir aussi les recensements de la population (1708-1779), c'est à dire tous les recensements de l'île Bourbon conservés dans le fonds de la Compagnie des Indes, à l'exception du recensement général de 1774. Ces images ont été numérisées à partir de microfilms de 1970-1971, elles ne sont pas toujours de très bonne qualité, préfèrent prévenir les archivistes.

Pour chercher des aïeux réunionnais ayant servi comme soldats de la Grande guerre, les généalogistes sont également bien servis. Si les ANOM proposent depuis quelques mois déjà les registres matricules militaires et tables jusqu'à 1918, le portail de La Réunion propose en plus les classes 1919 à 1921. Les Archives de la Réunion ont également numérisé le fruit de la Grande collecte 1914-1918. Ce sont des documents et objets en rapport avec la Grande guerre apportés par des particuliers en novembre 2014 et novembre 2015.

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2 commentaires

Vera le 10 Mai 2017 à 19h52

Les registres de 1848 ne sont pas des registres d'affranchissement, mais des registres d'attribution de noms de famille personnels aux citoyens libres que sont devenus les anciens esclaves.
Les registres sont intitulés "registres spéciaux" à La Réunion, et "registre d'individualité" aux Antilles, pas "registres d'affranchissement", parce qu'IL NE S'AGIT PAS D'AFFRANCHIR DES ESCLAVES. Les formules employées sont claires : 'Le citoyen X , fils de Y, domicilié à ..., s'est présenté en personne et reconnu par nous, a reçu le nom de ....." . Il n'est absolument pas question d'affranchissement.
En 1848-1849, l'administration donne des noms aux individus (un esclave n'avait pas de nom de famille avant l'abolition de l'esclavage, seulement un prénom, à l'exception des affranchis au titre de la loi de 1832, qui obligeait à donner un nom complet aux anciens esclaves). On est dans l'une des procédures de l'état civil, assimilable juridiquement à une sorte de "naissance".
L'affranchissement au contraire est une procédure irrémédiablement attachée à l'esclavage (on affranchit dans une société esclavagiste, pas dans une société où les individus sont libres) : l'esclavage ayant été aboli par décret du 12 avril 1848, il n'y a plus d'affranchissement possible après cette date, c'est illégal, tout simplement. Cela perdure dans le vocabulaire des gens du temps qui gardent el réflexe de l'esclavage et de son vocabulaire.
Les généalogistes et même les historiens qui parlent encore aujourd'hui de "registres d'affranchissement" et des "affranchis de 1848" reproduisent la société créole et le vocabulaire des maîtres de 1848 pour qui les anciens esclaves ne pouvaient être que des "affranchis", mais pas des hommes et des femmes libres ni des citoyens (le terme "nouveau citoyen" est un terme péjoratif, dans le registre de l'ironie). Un exemple assez saisissant ici, où la confusion des notions est totale : https://dpr974.wordpress.com/2014/03/15/les-noms-de-la-liberte/

Elodie Bonnet le 10 Mai 2017 à 12h26

Super quand les AD d'Outremer ont la bonne idée de compléter les lacunes des ANOM !
Sinon du côté des archives qui bougent, je vous signale que les AD de Charente-Maritime ont mis en ligne hier (9 mai) leur nouveau site dédié avec leur adresse propre, alors que depuis la mise en ligne de leurs archives ils étaient en page annexe du conseil général avec une adresse improbable. Vivement qu'ils mettent en ligne les recensements, ce qui facilitera sérieusement la vie des chercheurs en histoire charentaise ! https://archives.charente-maritime.fr

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