Lancement du blog Archives nationales participatives

Catégorie : Archives, France  |  le 11 Mai 2017 par Guillaume de Morant

Les Archives nationales lancent le blog Archives nationales participatives pour valoriser les travaux d'indexation et de dépouillement réalisés par des internautes et des bénévoles à partir des fonds d'archives. Concernant l'indexation participative, la démarche des Archives nationales est particulièrement remarquable, puisqu'il s'agit non seulement de publier les contributions des internautes afin qu'elles puissent être consultables par tous, mais aussi de les intégrer directement dans les inventaires.

Mobiliser les volontaires autour de projets participatifs, c'est le rôle de ce nouveau blog, en les orientant sur des corpus de documents, en leur proposant des grilles de saisie spécifiques. Les contenus collaboratifs deviennent ensuite interrogeables via le moteur de recherche de la Salle des inventaires virtuelle. Ils bénéficient ainsi à tous en permettant d’affiner les résultats de recherche.

Un détail va sans doute dérouter les volontaires, l'indexation ici ne se fait actuellement pas dans le visualiseur d'archives numérisées. Cela, d'une part pour des raisons techniques, et d'autre part, parce qu'il s'agit bien d'enrichir des inventaires existants et non une base de données nominative séparée. Il faut donc travailler sur un tableur de type Excel (fourni par les Archives nationales aux volontaires qui le demandent par mail cm-dmcrfgedotanrfgeatculturerfgedotgouvrfgedotfr). C'est évidemment beaucoup moins confortable, que d'indexer sur une visionneuse, mais cela permet d'indexer de nombreux champs.

Ainsi, plusieurs projets sont ouverts à l'indexation collaborative. Il est proposé aux internautes de relever les noms et dates de signatures des contrats de mariage de commerçants (1829-1934), d'indexer les registres du Conseil général des ponts et chaussées. La base Natnum, sur les décrets de naturalisation numérisés (1883-1930) sera progressivement ouverte à l'indexation collaborative dans la SIV.

Sinon, le blog met aussi en valeur d'autres projets d'indexation collective sur les fonds des Archives nationales, mais pas forcément gérés en direct. Par exemple, les contributions du projet Familles parisiennes ciblent les liasses de minutes exclusivement composées d’inventaires après décès, typologie d’actes que les notaires parisiens du XVIe siècle, en effet, classaient volontiers à part dans leurs minutiers. Le projet est géré par Geneanet et les index sont versés progressivement dans la SIV.

Enfin, le projet collaboratif des Ponts et Chaussées se décline en missions, elles-mêmes divisées en lots, permettant aux contributeurs de s’inscrire sur des lots précis à traiter.
Les contributeurs peuvent s’inscrire pour un ou plusieurs lots en indiquant leur choix par courriel à l’adresse cgpcrfgedotdeata-anrfgeatculturerfgedotgouvrfgedotfr. Les volontaires sont invités à lire attentivement la Charte des contributeurs et à la retourner dûment signée par voie postale aux Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine...

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4 commentaires

pelisson le 15 Mai 2017 à 08h52

Archiviste est un métier forcément nécessaire (connaissance des différents fonds, lecture d'actes médiévaux...) mais sur certains fonds basiques, il me semble que l'indexation collaborative, avec la force du nombre, permet des dépouillements impossibles à faire par les seuls archivistes. Pensons collectif !!

Corentin le 14 Mai 2017 à 07h40

@ Opabinia : ce n'est pas parce que l'indexation collaborative existe dans de très nombreux services que c'est une solution ni même la panacée. Pour relever les noms, certes la force des associations ou des particuliers c'est le nombre de personnes mobilisables et la passion qui les anime. Mais sans aucune assurance scientifique, ne vous en déplaise.

Le travail d'un archiviste est sensé être scientifique, c'est son métier. Et les inventaires ne sont pas forcément globaux, il suffit de voir ce qui a été produit jusqu'à présent, par exemple sur le minutier central des notaires.

Et force est de constater qu'avant, les inventaires étaient établies par des archivistes, formés la plupart à l'école des chartes. Puis est venu le temps des chargés de documentation, et la qualité des inventaires s'en est déjà ressenti, peut-être par le temps imparti ou par les compétences.

Et vient maintenant le temps du collaboratif, un de ces mots à la con de notre époque. Et pourquoi pas une archivistique citoyenne, diversifiée, durable, pour avoir une collection étoffée de ces mots ?

A l'heure où la BNF communique sur sa mise à disposition de salles pour réviser son bac (est-ce vraiment là son rôle ?), les Archives se la jouent collaboratif.

C'est une orientation.

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