Les généalogistes de l'Aude pétitionnent pour les archives en ligne

Catégorie : Archives, Aude  |  le 30 Mai 2011 par Guillaume de Morant

La pétition a déjà recueilli 313 signatures à l'heure où nous écrivons ces lignes. Adressée au Conseil Général de l'Aude, la supplique fait valoir une mesure d'égalité, "les audois expatriés ou les personnes ayant eu de la famille audoise mais n'habitant pas dans l'Aude sont obligés de se déplacer aux Archives départementales à Carcassonne pour toute recherche, y compris généalogique". Dans ce domaine, expliquent les pétitionnaires, l'Aude se trouve dans le peloton de queue de la numérisation de ses archives. Il reste en effet 30 départements à ne pas proposer d'archives généalogiques en ligne. Et il suffirait de peu, plaident-ils, car le projet est "déjà techniquement prêt".

Cette initiative a t-elle des chances d'être entendue ? Les généalogistes pétitionnaires de l'Aude ont-ils raison d'exprimer ainsi leur demande auprès d'élus pour qu'elle soit prise en compte ? L'avenir le dira, mais quelques précédents ont parfois remporté un certain succès. Ainsi, en 2007, alors que le Conseil Général de l'Hérault ne cachait pas d'ouvrir un site Web d'archives payant, une pétition signée par plus de 3.000 personnes, soutenue par un fort mouvement de mécontentement local, avait fini par peser sur le débat. Finalement, les archives de l'Hérault ont ouvert un site... gratuit. On cite volontiers également l'exemple de la Manche en juillet 2010, où la mobilisation des généalogistes et des associations a fini par influencer la décision des élus. Le site de la Manche est lui aussi gratuit.

En revanche, deux pétitions, malgré le nombre de leur signataires, n'ont pas réussi à faire bouger les choses. Ce sont celles lancées pour obtenir la gratuité du site des archives du Calvados (3.408 signatures) et de la Meurthe-et-Moselle (6.415 signatures).

4 commentaires

c'est pour 2012 le 29 Juillet 2011 à 10h32

Jean-Louis Bonnet vous plaisantez ? Mais peut-être êtes-vous « du coin » et n’avez-vous pas de recherche à faire sur l’hexagone ? Outre les frais de route et d’hôtels, il faut du temps beaucoup de temps pour jouer au petit poucet. Je suis frustrée car c’est dans l’Aude que se trouvent mes ancêtres paternels.
Je ne suis pas de ceux et celles qui piquent les données sur un fameux site de généalogie, mais de celles qui aiment avoir un acte, connaitre un métier, regarder une signature et aller plus loin toujours plus loin.

Je n’ai pas besoin d’aide, je sais faire j’ai même eu la chance de pouvoir avoir accès aux documents eux-mêmes et de pouvoir en faire des photocopies. C’est fort émouvant de tenir entre ses mains d’original signé par ses ancêtres
..
. J’ai envie d’en savoir plus sur cette histoire familiale. Les Alpes-Maritimes, par exemple, nous offrent les journaux de l’époque, quel plaisir de pouvoir, A TEMPS PERDU, faire des recherches, retrouver des articles sur les siens.
Oui, je souhaite pouvoir avoir accès sur internet à l’état civil ET aux recensements. Peut-être les archives me verront-elles alors pour des compléments d’informations. Je pourrais aussi ainsi que d’autres membres de ma famille avoir le bonheur de sillonner des villages afin de retrouver des lieus, des maisons, des cimetières car c’est cela aussi Monsieur la généalogie.
Mon compagnon est un DE un vrai de vrai et alors !!! Dans mes veines circule du sang multiple aristo, d’illettrés, d’étrangers riches et pauvres et alors ? Il y a des gens bien partout et des C… aussi
2012 enfin MERCI
Merci aux archives, au département ….

BONNET Jean-Louis le 3 Juillet 2011 à 16h15

Les médias ont annoncé avec tapage l’initiative du citoyen Sébastien C… qui organise une pétition pour que les Archives de l’Aude offrent sur Internet les documents permettant la pratique généalogique. Gratuitement bien sûr, même si le meneur habite dans l’Hérault et y paye (peut-être) des impôts. Or les gens sensés feront remarquer que la recherche mérite l’effort, que le déplacement jusqu’aux Archives de l’Aude permet la rencontre avec d’autres lecteurs et l’assistance à des cours d’initiation et de lecture, facilite le contact avec des chercheurs et des historiens qui n’hésitent pas à transcrire bénévolement des lignes ou des actes difficiles à lire, si on les sollicite. Car il existe trois catégories de généalogistes : les uns profitent de leurs connaissances rudimentaires pour faire payer les recherches comme professionnels ou non déclarés ; les autres essayent de déchiffrer pour trouver enfin la ligne noble de leur ascendance en imaginant que « Isabelle de Martin » provient d’une famille de seigneurs alors que le « de » ne représente pas un signe de noblesse, mais la simple dépendance à un patronyme ; les derniers, peu nombreux, dépassent le simple arbre auquel il est facile de grimper ( !) et relèvent des précisions sur les professions, la mentalité, les événements, le climat. La recherche ne se limite pas à une simple énumération de noms et de dates, ce qui n’apporterait qu’une satisfaction personnelle. Que deviendront les Archives départementales si spacieuses par leur salle de lecture, si fournies en ordinateurs, si disponibles dans les conseils, les cours d’initiation, les expositions ? Un musée dans lequel on n’omettra pas de faire figurer en cire ces généalogistes qui se prétendent historiens et qui ne font qu’assouvir leur instinct bien prétentieux. Il est vrai que les vrais chercheurs, étudiants ou adultes, ne souffriront plus le caquetage impoli de certains dans la salle de lecture ou leurs échanges bruyants dès qu’ils trouvent un acte intéressant leur recherche égoïste, mais inutile à la progression de la connaissance historique.
Jean-Louis Bonnet

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