La vision que les jeunes ont de l’histoire du XXe siècle

Catégorie : Histoire  |  le 03 Février 2015 par Cécile Josselin

Mémoire à venir

La Première Guerre mondiale, la Seconde, la Guerre froide, la vie depuis la chute du mur… sont autant de moment clés du XXe siècle. Largement enseignés à l’école, ils ont été différemment perçus et appropriés par les jeunes de chaque pays.

C’est cette diversité que la Fondation pour l’innovation politique et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah ont souhaité éclaircir en interrogeant, par l’intermédiaire de l’Institut Ipsos, 31.172 personnes entre juillet et août 2014 dans 31 pays. Qu’en ressort-il ?

Au sujet de la Première Guerre mondiale, l’Allemagne en est jugée responsable pour 80 % des personnes interrogées, devant l’Autriche-Hongrie (59 %) et la Russie (57 %).

Ses principales conséquences sont :

  • la prise de pouvoir des nazis en Allemagne en 1933 (pour 32 %) ;
  • l’effondrement de l’Empire austro-hongrois et la naissance de nouveaux États en Europe (cité par 30 %) ;
  • la révolution communiste en 1917 et la création de l’Union soviétique ne sont citées que par 19 % des personnes interrogées.

Concernant la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne est jugée responsable par 92 % des jeunes interrogés (93 % des seuls Allemands). Rien d’étonnant à cela me direz-vous ? Les plus grands enseignements de cette étude est ailleurs.

  • 63 % de l’ensemble des jeunes citent l’URSS (contre 33% des seuls Russes),
  • 52 % le Japon (contre 77 % des seuls Japonais),
  • 33 % la France (contre 41 % des seuls Français).

Il en ressort une culpabilisation accentuée des jeunes concernant la responsabilité de leur pays à l’exception notable des jeunes Russes qui minorent à l’inverse fortement la responsabilité de leur pays.

De cette guerre, l’ensemble des jeunes retiennent en premier l’extermination des juifs (66%) juste devant l’utilisation de la bombe atomique (65 %).

Les Français sont les plus marqués par la Shoah (88 %) devant les Allemands (73 %). Ces derniers retiennent l’extermination des juifs en premier (73 %), reconnaissant en cela leur responsabilité, quitte à rejeter loin derrière la prise de Berlin par le soviétique en 1945 (28 %) dont ils ont pourtant été les premières victimes. Preuve que le devoir de mémoire et d’introspection fonctionne bien Outre-Rhin.

Les Japonais sont logiquement principalement marqués par Hiroshima et Nagasaki (81 %). Les Américains par Pearl Harbor (62 %) dont ils sont victimes, juste après l’utilisation de la bombe atomique (64 %) dont ils sont responsable.

Dans la même logique, les Russes retiennent en premier Stalingrad (71 %) après la prise de Berlin par les Soviétiques en 1945 (84 %), renvoyant loin derrière (49 %) la Shoah qui leur apparaît de fait comme bien plus "secondaire" (49 %).

Les principales conséquences de cette guerre ? Pour les jeunes, le début de la Guerre froide et l’émergence de deux superpuissances : les États-Unis et l’URSS apparaissent largement en premier (61 % des réponses).

La création de l’ONU est la deuxième conséquence retenue (33 %) devant la création du bloc communiste (29 %) et la construction de l’Union européenne (24 %).

Frustrés dans leur recherche de justice, 64 % des jeunes considèrent que les responsables de l’extermination des Juifs et des massacres de la Seconde Guerre mondiale n’ont pas été punis. Les femmes sont en cela les plus sévères : 69 % contre 59 % pour les hommes.

11 % de l’ensemble des personnes interrogées considèrent que l’Allemagne nazie était dotée d’un système politique (tout-à-fait ou plutôt) respectueux de la liberté et de la dignité humaine. 18 % des Chinois, 20 % des Turcs, 28 % des Russes et 36 % des Indiens !

Preuve que le respect de la liberté et de la dignité humaine revêt selon les cultures des définitions extrêmement… "variables" !

Concernant le communisme maintenant, 80 % des jeunes sont (tout-à-fait ou plutôt) d’accord avec l’affirmation suivante : "le régime communiste a provoqué la mort de millions de personnes ?".

Cette réalité est cependant contestée par 44 % des Russes et 66 % des Chinois. Même les Serbes (27 %), les Grecs (29 %), les Japonais (32 %) et les Turcs (33 %) nient ce fait historique !

Depuis 1945, les événements qui ont les plus marqués les jeunes sont dans l’ordre :

  • 47% : les attentats du 11 septembre 2001
  • 38% : la crise économique et financière de 2008
  • 37% : la chute du mur de Berlin en 1989

57% des jeunes interrogés pensent qu’une troisième Guerre mondiale est possible dans les années à venir.

Les Ukrainiens (86%), les Estoniens (79%), les Turques (79%) sont les plus pessimistes, tandis que les Japonais (35%), les Finlandais (43%) et les Danois (44%) sont les plus optimistes.

Des racines pour créer l'avenir

A tous les généalogistes, archivistes, enseignants, animateurs qui souhaiteraient s'impliquer dans un atelier de généalogie avec des jeunes, ou faire le point sur leur propre expérience, rendez-vous le samedi 28 mars 2015 à une rencontre organisée aux Archives nationales : https://www.weezevent.com/des-racines-pour-creer-lavenir

1 commentaire

Nicolas le 6 Février 2015 à 11h04

Comment se fait-il que les Français soient plus marqués par la Shoah que les Allemands, alors que la France a envoyé proportionnellement moins de personnes vers les camps que les autres pays, et que la France n'est aucunement responsable de la Shoah ?

Plan du site La Revue française de Généalogie