Juillet 2017 : la récap' généalogique, qu'avez-vous manqué ?

Catégorie : Nouveautés, France  |  le 31 Août 2017 par Guillaume de Morant

Début juillet, une nouvelle a secoué les habitués de la consultation des microfilms. Les Mormons ont décidé d’arrêter la distribution de microfilms et de passer totalement au numérique. La distribution aurait dû s’arrêter totalement au 31 août 2017, mais un délai d’une semaine supplémentaire a été accordé. En contrepartie de l’abandon du format « film », les images numériques seront diffusées sur le portail Familysearch, ou consultables dans les centres de recherche familiale. La semaine prochaine, il ne sera plus possible de faire venir des microfilms depuis Salt Lake City jusqu'au centre de recherche familiale le plus proche de son domicile. L'information n'est pas nouvelle, car l'église de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours avait déjà annoncé depuis plusieurs années ce changement de technologie. Attention, divers régimes s’appliquent pour la consultation des registres sur le portail Internet Familysearch : selon les pays, et même les départements, leur consultation en ligne sera possible ou non.

Dans l’Aisne, pas question de se limiter sur Internet, ce sont les recensements de population qui sont désormais consultables en ligne sur le site Internet des archives départementales. Il s'agit de la période allant de 1801 à 1936. Une collection inégale en importance selon les communes, en raison des destructions dues aux deux guerres mondiales. Le second exemplaire destiné à la préfecture (série M) a été durement éprouvé par les deux guerres mondiales et ne contient plus aucun document relatif aux recensements de la population pour la période antérieure à 1946. Aussi, les archives départementales se sont reportées sur l'exemplaire communal, seules listes nominatives conservées pour cette période, provenant des fonds communaux déposés et classés aux Archives départementales de l’Aisne (série E-dépôt). Or ceux-ci demeurent très inégaux : quelques rares communes possèdent des listes de population antérieures à 1836. Au contraire, pour de nombreuses localités ayant perdu leurs archives pendant la Première Guerre mondiale, seules les listes nominatives des années 1921, 1926, 1931 et 1936 nous sont parvenues. Attention, les listes nominatives du recensement de la population, réalisées après la Seconde Guerre mondiale de 1946 à 1975 n’ont pas été numérisées et sont consultables uniquement en salle de lecture des Archives départementales de l’Aisne.

Le Grand Mémorial s’est agrandit en juillet avec les soldats de la Haute-Loire, de la Corrèze et de l’Aisne. Comme le site est entièrement indexé par patronyme, on peut rechercher son aïeul ou tout soldat en tapant simplement son nom dans le moteur de recherche. C'est le résultat de la numérisation et de l'indexation des fiches matricules militaires des appelés du contingent (autrement dit les conscrits) appartenant à une classe d'âge susceptible d'avoir participé à ce meurtrier conflit. Les soldats de la Haute-Loire et de la Corrèze ainsi que ceux recrutés à Laon (Aisne) sont à présent interrogeables dans le Grand Mémorial. Avec respectivement 89255 et 119458 fiches, les deux premiers départements mettent à disposition des bases complètes en indexation riche. Le département de l'Aisne propose un premier bureau de recrutement, avec également une indexation riche, et viendra prochainement compléter sa contribution au Grand Mémorial avec les bureaux de Saint-Quentin et de Soissons. Trois autres départements qui bénéficient de l'appui des internautes dans des entreprises d'indexation collaborative ont quant à eux versé de nouvelles données dans le moteur national : l'Yonne (49420 fiches à l'heure actuelle), le Cher (18253 fiches) et les Ardennes (92911 fiches).

Toujours en juillet a eu lieu la première identification d'un Poilu de Verdun par l'ADN. Le corps d’un soldat, retrouvé à Fleury-devant-Douaumont, a été formellement identifié par cette méthode. C'est une première pour un Poilu tombé sur le champ de bataille de Verdun. La science l’a prouvé par la génétique : ce corps est incontestablement celui de Claude Fournier, un sergent originaire de Saône-et-Loire. Il a été identifié par le Dr Bruno Frémont, médecin urgentiste à Verdun qui, au fil du temps, est devenu le légiste des Poilus. Claude Fournier était jardinier, natif de Colombier-en-Brionnais, en Saône-et-Loire, en service au sein du 134e RIT et il a été tué au feu le 4 août 1916 à Fleury-devant-Douaumont, non sans avoir âprement bataillé à Saint-Mihiel, Woëvre, en Champagne et à Commercy, et avoir reçu la Croix de guerre. Son petit-fils a permis la comparaison ADN pour mettre fin à l'énigme et débuter l'hommage qui lui sera rendu dans les semaines à venir, suivi de son inhumation définitive.

Dans le Val d'Oise : les recensements de population sont en ligne, soit la période 1817 jusqu'à 1975. Seules les listes nominatives de plus de 100 ans sont sur le Web. Cela représente plus de 140.000 pages de registres. Elles remontent pour l'essentiel à 1836 avec quelques épaves pour 1817. Devenues facultatives à partir du recensement de 1946, leur nombre décroît progressivement, en commençant par les communes les plus peuplées. Elles disparaissent définitivement après le recensement de 1975. Ceux-ci sont organisés en général tous les 5 ans entre 1801 et 1936, ils ne reprennent qu’en 1946. C'est ainsi que sont conservés les listes nominatives pour les années 1946, 1954, 1962, 1968 et 1975. Les listes originales de 1946 ont disparu et ne sont connues qu’à partir d’un microfilm de mauvaise qualité.

Il y a un projet de numérisation à la carte aux archives de la Vienne. Le service étudie la mise en place de la numérisation à la demande pour les usagers. Selon ce principe, ce n'est plus l'archiviste qui décide de ce qui est numérisé (en tous cas pour certains fonds), mais l'usager. Lorsqu'un lecteur trouve la cote précise d'un document "papier" non encore dématérialisé, il fait la demande de numérisation au service d'archives. Pour un montant très modeste, l'acte est scanné. Si l'usager le souhaite, il verse une somme plus importante en forme de mécénat et dans ce cas, c'est toute la liasse ou le registre qui est numérisé. La numérisation à la demande devrait débuter en 2018 dans ce département. Autre nouvelle, dans la Vienne, les répertoires des notaires du XIXe siècle sont en cours de numérisation. Ils seront mis en ligne à la fin de l'année 2017. Par ailleurs, la liste des conscrits et les fiches matricules vont faire l'objet d'une indexation. Des discussions sont en cours avec de grands opérateurs de généalogie sur ce point.

Au XVIIIe siècle, un Français a transmis une maladie génétique en Afrique du Sud. Deux généticiennes sud-africaines de l'Université de Witwatersrand ont découvert l'origine d'une rare maladie de peau qui affecte des milliers d'afrikaners, ces descendants de colons européens. L'érythème kératolytique hivernal (EKH) est une affection, très rare en France, elle a pourtant été introduite au XVIIIe siècle en Afrique du Sud… par un navigateur breton. Elle touche un Afrikaner sur 7.200 et également une personne sur 90.000 au sein de la population métisse en Afrique du Sud. Dans les années 1980, le dermatologue Peter Hull avait remonté l'ascendance de ses patients jusqu’à un navigateur français, le capitaine François Renier Duminy, qui s’était installé dans le pays à la fin du XVIIIe siècle. Il a montré que tous les malades étaient ses descendants !

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