Le tourisme généalogique : une forme de voyage en plein essor

Catégorie : Nouveautés, Canada (Québec)  |  le 14 Août 2017 par Guillaume de Morant

Dans une tribune publiée ce samedi 12 août 2017 par le journal Le Devoir, quotidien indépendant du Québec, l'auteur Jean-Pierre Proulx fait un rapprochement entre le tourisme généalogique et le pèlerinage. "Celui qui part sur la trace de ses ancêtres, généralement en France, se sent souvent comme un pèlerin, voire se dit pèlerin, qu'il soit croyant ou non", analyse ce journaliste et professeur retraité.

La démarche du touriste des racines, souvent venu du Québec pour se rendre en France, dans le pays nantais, en Charente, dans le Perche ou ailleurs, s'apparente selon lui, "à une marche vers un lieu sacré, celui de ses origines mythiques". Quand il a enfin atteint le village de son ancêtre, voire sa maison, l’église où il fut baptisé, l’émotion l’envahit : « Ici sont mes racines les plus lointaines et les plus profondes. Au-delà, c’est le mystère. »

Pour mieux comprendre le sens de ce tourisme particulier auquel s’adonnent chaque année bon nombre de Québécois, Jean-Pierre Proulx s'est penché sur le pélerinage qu'ont effectué en mai dernier, treize membres de l’Association des familles Proulx d’Amérique pendant dix jours. Leurs ancêtres français avaient migré vers le Québec entre 1640 et 1816, depuis Vertou, en banlieue de Nantes, Curzon, en Vendée, Gournay, dans le Poitou, Poitiers et enfin Distré, dans la Loire.

Pour l'auteur, le tourisme généalogique, c’est déjà la joie de rencontrer ceux qui aujourd’hui habitent toujours ces mêmes endroits. Grâce à la généalogie, on peut parler de cousins, mais les degrés de parenté sont très éloignés... Qu'importe, il y a le plaisir d’être reçus dans les villages, d'arpenter l'étroite route communale, les champs et les prés et de fêter ces "retrouvailles" dans les rires avec le vin et le fromage du pays. Parfois, ce sont les écoliers en rang d'oignons qui questionnent l'arbre généalogique ou le maire qui accueille les pélerins, l'écharpe en bandoulière. On remet des plaques souvenir, rituel obligé.

Il n'y a pas que la France qui est le but de ce tourisme généalogique, l'Espagne et notamment la Catalogne, le découvre chaque année un peu plus, constate un article publié par El Païs. Le président de la Société catalane de Généalogie, Juanjo Cortes, y souligne "que chaque jour, la demande sur le passé et l'histoire est en croissance". Son association prépare un site Web pour aider les descendants à trouver des informations.

Car le voyage généalogique, c'est aussi du tourisme, avec un volet patrimonial important, où la présence d'un guide professionnel n'est pas un luxe. La Société généalogique canadienne-française l'a bien compris et propose chaque année au moins un atelier de formation sur les voyages généalogiques. Des agences de voyages offrent aussi leurs services dans le domaine. En Espagne, des professionnels se sont lancés sur ce secteur du tourisme ancestral en proposant leur aide par la généalogie aux futurs visiteurs étrangers, souvent d'origine sud-américaine.

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