Qui sont vraiment les "descendants d'esclaves" ?

Catégorie : Nouveautés, Guyane  |  le 13 Mai 2013 par Jean-Louis Beaucarnot

Christiane Taubira a récemment évoqué l’idée de "rendre leurs terres aux descendants d’esclaves" via une politique foncière, et cela en réparation de l’esclavage et des confiscations de terres. Sans entrer dans le débat de fond, il est intéressant de poser ici quelques questions qui, via la généalogie, forcent à réfléchir avant d’agir.

À réfléchir à ce que l’on entend par "descendants d’esclave".

→ D’abord le mot descendant mérite à lui seul d’être défini. Entend-on ici se limiter aux descendants directs, aussi bien en ligne masculine et patronymique que féminine : on ne voit guère en effet comment on pourrait traiter ici les uns et pas les autres ? Entend-on "tous les descendants", sans passer par la technique de la "représentation", faisant que si ce droit était ouvert à tout "descendant d’esclave", on pourrait voir en profiter simultanément deux frères, l’un sans enfants, en bénéficiant seul, alors que l’autre en profiterait en même temps que ses fils et ses petits-fils... Entend-on de même prendre également en compte les héritiers ou les ayants-droit, avec les descendants des frères et sœurs d’un esclave affranchi, décédé sans postérité ?

→ Ensuite la définition de l’esclave. À qui doit-on penser ? À tout esclave, affranchi à une date quelconque, sachant que face aux quelque 248.000 ayant été affranchis à la suite au décret Schoelcher, d’avril 1848, on estime qu’environ 500.000 l’avaient été lors de la première abolition de l’esclavage, en 1794, et étaient ensuite restés libres. Pense-t-on ici à tout individu, sachant que l’on a bien sûr affranchi des familles entières, avec souvent un père et quatre ou cinq fils ?

Enfin, raisonnons un peu, au plan généalogique.

Si sur les seuls 248.000 affranchis de 1848, on ne comptait que 100.000 couples ou individus en âge de procréer, on doit s’attendre à avoir aujourd’hui, quatre à sept générations après, des millions de personnes. Des millions d’individus descendants d’esclaves de façon très diverses.

Face à de très nombreuses personnes ayant tous leurs ancêtres contemporains du décret Schoelcher, on en trouverait des légions d’autres n’en ayant qu’un ou deux. Prenons ainsi le cas très représentatif d’Harlem Désir, qui descend par son père d’esclaves à la Martinique et par sa mère de très classiques et très libres Normands et Vosgiens : avec les brassages d’aujourd’hui, ce sont des millions de Français qui comptent un esclave ou davantage dans leur arbre généalogique ! Mme Taubira en a-t-elle bien conscience ?

Espérons que si cette belle et généreuse idée doit recevoir une concrétisation, on aura pris le temps de passer par une phase préalable de travail, pour définir cette notion capitale de "descendant d’esclave". Un type de recherche préalable qui semble obligatoire, mais que l’on a vu cependant plusieurs fois totalement escamoté, lors du vote de certaines lois. Ainsi pour la loi Gouzes, modifiant les règles de transmission du patronyme, où aucune étude ne fut menée sur les divers cas qui allaient se poser et sur la définition et le contenu même du terme "patronyme" : une carence lourde de conséquences, qui obligera à recourir, après-coup, au montage lourd et aberrant de l’éphémère "double tiret".

Avant de leur faire des promesses, il serait bon de commencer par se demander qui sont, en 2013, les "descendants d’esclaves".

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5 commentaires

Bruno_Maco le 6 Août 2014 à 15h00

Il n'y a même pas à réfléchir.
Il faut que la France paie oui oui j'ai dit indemniser les victimes à travers leurs descendants direct et indirects.
Dans notre beau pays, la justice intervient dans l'indemnisation des victimes alors pourquoi la loi ne s'appliquerait-elle pas pour le pays ? Et ceux qui ordonnaient tout ça ? Leurs familles leurs descendants, ne se seront-ils pas enrichi ? Pourquoi leur permet-on de conserver ce patrimoine malheurs des autres ? DDL 1789. J'ai le sentiment que la France l'a signé pour se racheter une conscience.
Des familles toutes entières se sont enrichis sur le dos des esclaves. Bordeaux deuxième port négrier de France 130 à 150 000 esclaves passées par Bordeaux. Au 18e siècle la traite des noirs représentait 4,4% du commerce de la ville. On soupçonne les chiffres d'être bien plus importants étant donné que de nombreux livres brûlés après l'abolition par les familles esclavagistes craignant que l'ont puisse un jour les remonter.

Savez-vous ce qui se passe dans la tête d'un descendant d'esclave ?
Savez-vous d'où vous venez ? Eux non
Savez-vous à quoi ressemblent vos ancêtres ? eux non
Accepteriez-vous que votre histoire commence là où on vous l'aura ordonné ?

Les descendants d'esclaves arrivent encore à se faire étouffer avec des gestes symboliques orchestrés avec une telle aisance que l'homme déraciné ne comprend même pas ce qui lui arrive. En plus ils ont même pensés à faire venir leur groupe favori qui au passage à touché un caché pour faire la grimace à ses proches. J'ai honte !
J'arrête là c'en est assez.

alinous le 14 Mai 2013 à 14h23

Blabla blabla, les gars les filles, les faits sont dure et tenace moi Français j'aurai du mal à me regarder, dans le fond même pas sur. Puisque que la terre des droit de l'homme c'est la spoliation des haïtien l’Algérie les harki les sénégalais les 100 000 malgache massacré, le riz de Camargue avec esclave vietnamien.

Ah oui il était entre Cinq milles et 2 millions d'habitant à haiti pour payer les 21 milliard qui ont financer la CDC qui finace les collectivités établissement public et banque Française. ca vous surprend pas restituons ces 21 milliards au Haitien
Bien à vous.

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