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Archives, état civil et maintenant photo : les indexeurs seront-ils fatigués ?

Au nom du Web collaboratif, la célèbre agence photo Magnum appelle les internautes à "taguer" ses archives avec un module de la société Tagasauris. Avec plus de 500.000 clichés, il lui est impossible de faire l'indispensable travail d'indexation elle-même, c'est à dire d'ajouter pour chaque image des informations contextuelles : auteur, sujet, date, personnages, lieux, etc. Pourtant, sans ces informations, les photos de Magnum sont et resteront perdues au milieu de l'océan du Web sans aucun espoir d'être mises en valeur, ni même d'être identifiées. Reste donc l'appel aux bonnes volontés des amateurs et utilisateurs. Magnum compte sur vous !

Ce modèle collaboratif a certes le vent en poupe, mais il pourrait devenir obsolète à terme. En effet, cette démarche n'est pas sans rappeler celle mise en place dans plusieurs sites Web d'archives départementales (Mayenne, Cantal, Vendée, Rhône, etc.). Ici, ce ne sont pas des photos qui sont livrées à l'indexation des passants, mais des registres entiers de l'état civil ou des cahiers de recensement. Ce sont aussi des systèmes de partage de transcription d'actes qui ont été lancés depuis plusieurs années. Le pionnier dans ce domaine étant le site américain des Mormons, Family search indexing qui parvient ainsi à faire déchiffrer à des milliers d'internautes le contenu d'actes. Ce sont plutôt des recensements pour les Etats-Unis et le monde anglo-saxon et plutôt des registres paroissiaux et d'état civil pour l'Amérique Latine et l'Europe. En France, ce sont notamment les registres de l'évêché de Coutances au XIXe siècle qui avancent ainsi. De son côté, GeneaNet propose également d'indexer et de transcrire ses actes en ligne.

Pourquoi ce système risque t-il alors d'être obsolète ? Tout simplement parce qu'il montre des signes d'essoufflement. L'enthousiasme des bénévoles a ses limites, surtout pour des projets à long terme. Si au démarrage, les contributeurs affluent, ils se font ensuite plus rares au fil des mois et des années. En France, le projet d'indexation des Mormons en Normandie a tendance à patiner, même s'il continue à avancer. Alors qu'il mobilisait jusqu'à 500 contributeurs en 2005, il peine aujourd'hui à rassembler une centaine de bénévoles. Et ce n'est pas l'outil technique qui est en cause : indexer sur ce site est d'une simplicité remarquable.

Récemment, le projet Wikipedia a annoncé une baisse sensible du nombre de ses contributeurs avec diverses explications. La première est la lassitude et le vieillissement d'une population de jeunes geeks (passionnés d'informatique) étant passés à d'autres étapes de leur vie (couple, enfants, etc.). Après des années à déchiffrer des actes anciens, à scruter des milliers de photos, les indexeurs de la généalogie seront-ils eux aussi fatigués ?

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