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Conseil supérieur des Archives, décevant ou prometteur ?

Que retenir du dernier Conseil des Archives, le premier présidé par Jean-Louis Debré qui s'est tenu le mardi 3 mai 2016 ? Comme après toutes ces réunions, les avis sont partagés et parfois virulents. Par exemple, la CGT-Archives, jamais avare de compliments, a qualifié la ministre de la Culture de "fossoyeuse des Archives nationales". La raison ? L'organisation syndicale semble avoir entendu des déclarations différentes du reste des participants : Audrey Azoulay aurait annoncé "l'amputation du site de Paris d'environ 8.000 mètres carrés de magasins, de bureaux et d'ateliers et la fermeture du site de Fontainebleau", voyant là "une déclaration de guerre lancée contre les Archives nationales, leurs missions et les personnels qui les servent".

Évidemment, la ministre de la Culture s'est bien gardée d'annoncer de telles décisions dans cette instance, le Conseil supérieur des Archives, qui n'est pas destiné à cela. Elle a plutôt insisté sur les grands chantiers que mènent les Archives et leur réseau et les grands défis : la question de l’archivage des données numériques, la meilleure connaissance des archives par le grand public et "la nécessaire promotion de la « paix des mémoires » afin de rassembler toutes les composantes de notre société".

"Je n'attendais pas d'avancée significative sur les sujets les plus importants", raconte Pierre-Frédéric Brau, nouveau président de l'Association des Archivistes Français (AAF) et directeur des Archives départementales de l'Yonne. "Ce premier conseil avait plutôt l'air d'un exercice formel, celui de l'installation du nouveau président. Jean-Louis Debré semble vouloir remettre la machine en route et il annoncé un rythme de réunion plus soutenu, quatre fois par an. L'AAF attend donc beaucoup du travail en commission et groupes de travail dans lesquels elle est prête à s'impliquer".

Du côté des généalogistes, Jean-François Pellan estime avoir reçu une écoute attentive de la part du président Debré, même "s'il s'agissait d'une sorte de grand-messe avec de beaux discours et pas véritablement d'une séance de travail". Le président de la Fédération Française de Généalogie estime cependant ne pas avoir perdu son temps : "sur la loi qui prépare la suppression du second registre de l'état civil, Jean-Louis Debré a écouté mes arguments et promis qu'il écrirait une lettre aux présidents de l'Assemblée nationale et de la commission des lois".

Sans doute n'en a t-il pas eu le loisir de mettre son projet à exécution, car dans la soirée, le gouvernement a déposé un nouvel amendement pour revenir à son projet initial, qui ne prévoit aucune numérisation authentique du second registre, ni transfert aux greffes. Pour autant, Jean-François Pellan ne perd pas son optimisme sur l'utilité du Conseil supérieur des archives : "ça va fonctionner, Debré va vouloir imprimer sa marque et faire avancer ses dossiers, je suis confiant"...

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