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D'où vient soeur André, la nouvelle doyenne de l'humanité ?

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Depuis le 25 avril 2022, sœur André est la doyenne de l'humanité, succédant ainsi à la Japonaise Kane Tanaka, décédée à l'âge de 119 ans.
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Ehpad Sainte Catherine Labouré

Doyenne des Français et désormais de l’humanité, sœur André est née le 11 février 1904 à Alès, avec pour noms à l’état civil ceux de Lucile RANDON. Un père instituteur ; trois frères aînés, dont deux Poilus de la Grande Guerre ; un grand-père pasteur ; une famille protestante huguenote, religion qu’elle quitta comme on le sait à l’âge de 19 ans, pour recevoir le baptême catholique.

Son arbre généalogique a été récemment proposé par Pierre-Valéry Archassal sur Geneastar mais ne lui vaut à ce jour curieusement qu’un seul cousin. Un arbre d’un autre siècle...

D’un autre siècle, en ce que les racines tiennent comme on dit « dans un mouchoir de poche », comme c’était le cas pour la majorité des gens de sa génération, avec souvent les quatre grands-parents nés dans la même commune. Et si le parcours professionnel du père de la supercentenaire lui avait valu de bouger, les déplacements étaient restés très limités et les limites administratives avaient seules valu à ses parents d’être originaires de deux départements différents, la Lozère et le Gard, avec les deux petits villages de Sainte-Croix-Vallée-Française, dans le Parc national des Cévennes, et Cros, plus au sud et plus bas en altitude, dans ce que l’on nomme le Piémont cévenol. Mais cette première génération passée, tous les ancêtres se retrouvaient dans le nord du département du Gard et à 100 % cévenol :

  • Côté paternel (RANDON/GIBERT…) : arrière-grands-pères fabricant de bas et maréchal-ferrant, ancêtres paysans, l’un d’eux voiturier, avec racines un peu plus à l’ouest (Bréau-et-Salagosse, Aumessas, Mandagout, Aulas) et à Anduze, au pied des Cévennes.
  • Côté maternel (SOUTOUL/DUMAS…) : le même milieu et les mêmes professions, avec des cultivateurs et « faiseurs de bas », cordonnier…, à Saint-Roman-de-Codières, Colognac, Monoblet et jusqu’à Saint-Hippolyte-du-Fort. Toujours les Cévennes.

Un arbre que l’on va pouvoir compléter, par d’autres, à commencer, sur la lignée patronymique, par celui d’Yvette et Rémy Martinet, d’autant plus intéressant à explorer que l’endogamie y est assez forte, valant à notre doyenne de descendre trois fois des RANDON (arrière-grands-parents mariés entre cousins germain), dont la souche est localisée à Aulas, près du Vigan, où l’on peut remonter jusqu’à un couple François RANDON / Jeanne BRUNEL, mariés vers 1580.

Deux autres arbres donneront plus d’éléments sur les quartiers de la grand-mère GIBERT et de l’arrière grand-mère MONNA, avec un très bel arbre, proposé lui aussi par les Martinet, conduisant vers quelques aïeux seigneurs et chevaliers locaux, dont les SARRAN, seigneurs d’Entraigues, dont une descendante avait épousé un modeste maçon, du village de Mars, des avocats de Nîmes et aussi les seigneurs de Mamazet, conduisant à l’ancienne noblesse du Vaucluse.

Enfin, un dernier arbre permettra de détailler la famille maternelle, sans pour autant quitter les mêmes cadres socio-géographiques.

L’arbre généalogique de sœur André est donc en tous points étonnamment homogène…

Côtés cousinages inattendus, qui restent évidemment à creuser et à découvrir, un premier se dessine cependant, par les RANDON, d’Aulas, avec le célèbre dandy de la Belle-Époque, Boni de Castellane.

En revanche, aucun ancêtre commun ne peut être trouvé entre la nouvelle doyenne de l’humanité et celle qui l’avait précédée, voilà 25 ans, à ce titre, Jeanne Calment, aux origines essentiellement concentrées à Arles et très bien connues par l’arbre déposé par Anne Thual-Homo. Dommage…

Commentaires

1 commentaire
  • Portrait de Laurent ROUSSEL

    Une petite erreur dans votre article, soeur André était prénommée Lucile pour l'état-civil (et non pas Lucie). Et surtout une grosse surprise : en parcourant le registre d'état civil (en ligne aux AD 30), on se rend vite compte que Lucile avait une soeur jumelle prénommée Lydie. Mais en creusant un peu plus, on découvre que Lydie est décédée à Alès le 4 août 1905 donc âgée de 18 mois seulement. Un sacré destin contraire pour les deux jumelles !