Infos

L'héritage du silence : des petits-enfants d'Arméniens à la recherche de leur histoire

Entre 100.000 et 200.000 Arméniens ayant échappé au génocide de 1915 sont restés vivre dans l’ancien Empire ottoman. Certains doivent leur survie à des Turcs ou des Kurdes qui les ont cachés lors des massacres. D’autres, principalement des enfants, ont été enlevés et adoptés tandis que des jeunes femmes ont été mariées de force. Pour tous, le prix à payer a été l’oubli de leur culture, de leur langue et de leur religion.

Pour mieux s’assimiler, tous ont enfoui leur passé dans un profond silence. En découvrant à l’âge adulte la vérité sur leurs origines, une partie de leurs petits-enfants décident de partir à la recherche de leur histoire et revendiquent courageusement leurs racines.

Ce sont ces histoires qu’Anna Benjamin et Guillaume Clere ont voulu nous montrer, via un très beau web documentaire intitulé "L’héritage du silence". Composé de 6 épisodes, celui-ci suit le cheminement de Yasar, Dogucan, Nazle, et Armen qui partent à la recherche de leur identité arménienne.

<p><a href="https://vimeo.com/89333472">TURQUIE, L'H&Eacute;RITAGE DU SILENCE (Bande-annonce)</a> from <a href="https://vimeo.com/user26013938">L'h&eacute;ritage du silence</a> on <a href="https://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>

  • Dans cette quête d’identité, on rencontre d’abord Yasar, acteur et musicien de 44 ans, qui a appris la véritable histoire de son arrière-grand-père à 39 ans et part sur ses traces dans l’est de la Turquie, à la recherche d’indice sur son passé.

  • Puis c’est au tour d’Armen, 55 ans de nous raconter comment il a appris, à la mort de son père, sa véritable identité. Son père, orphelin, a été sauvé à l’âge de 5 ans par une famille kurde qui l’a recueilli et traité comme un fils, après l’avoir rebaptisé et converti à l’islam.

  • Nazli nous parle ensuite de son grand père qui a échappé de peu au massacre alors qu’il n’avait que 14 ans en se cachant dans la forêt. Pour retrouver ses racines, elle a mené une longue bataille judiciaire pour inscrire son fils dans une école arménienne afin qu’il bénéficie de la culture et de la langue dont elle a été elle-même privée. Aujourd’hui, c’est lui qui lui apprend la langue de ses ancêtres.

  • Et enfin, nous découvrons Dogukan. À seulement 22 ans, le jeune homme a décidé de surmonter sa peur et de revendiquer ses origines en se faisant baptiser et en changeant de prénom.

Le silence où a été enfoui cet épisode sombre de l’histoire de la Turquie est quant à lui décliné en sept chapitres présentés sous la forme d’un diaporama d’aquarelles en noir et blanc. On y retrouve l’évocation de "la grande catastrophe" (le génocide), "le reste de l’épée" (nom donné aux survivants), les infidèles (la conversion forcée), les faussaires (le travestissement de l’histoire), les âmes errantes, la langue assassinée et enfin la parole libérée.

Produit par Découpages et Capa, financé par des internautes via le site de crowfounding KisskissBankBank, "L’héritage du silence" a été diffusé sur franceinfo.fr, mediapart.fr et courrierinternational.com, partenaires de l’événement en avril dernier. Il reste aujourd’hui librement accessible en ligne.

Regardez aussi le web documentaire de France 24 : 1915/2015 centenaire du génocide des Arméniens : Mémoires vives de Marc Daou qui retrace l’histoire de 4 descendants de rescapés du génocide qui ont réussi à transmettre leur histoire et leur culture à leurs enfants et petits-enfants en France et au Liban.

Lire aussi :

Commentaires