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Du rififi au Centre généalogique et historique du Poher

Entre le 12 mars et le 21 avril 2020, 98.000 euros ont disparu du compte livret et du compte chèque ouvert à la Banque Postale par le Centre généalogique et historique du Poher. Cette importante association rassemble près de 750 adhérents dans le pays du Poher, dans le centre-ouest Bretagne, à cheval sur les départements des Côtes d'Armor, du Finistère et du Morbihan. Son siège se trouve à Carhaix-Plouguer, ces sommes lui servent à éditer Les cahiers du Poher. L'association se trouve aujourd'hui en grande difficulté financière, comme l'explique un article du quotidien Le Télégramme. Dans le détail, ce sont treize virements de 7.000 euros, un virement de 5.000 euros et un de 2.000 euros qui ont pris la direction de différents comptes en banque, certains ouverts dans des pays d'Afrique du Nord. Le piratage est sans doute dû à un hameçonnage par mail, malheureusement un classique. Mais ce qui est peu ordinaire, c'est la durée des virements frauduleux, pendant quasiment six semaines, sans que personne ne s'en aperçoive, ni la Banque Postale, ni la trésorière de l'association, ni son président Gaëtan Guillou. "C'est notre principal reproche, notre ancien président, même une fois informé, n'a pas pris les mesures nécessaires face à cette situation gravissime", commente Alban Hurel, élu président du Centre généalogique du Poher samedi 23 mai 2020 lors d'une réunion extraordinaire du Conseil d'administration, durant laquelle Gaëtan Guillou a également été destitué par 11 voix sur 15. "Même s'il y a clairement une défaillance de la banque, il a dissimulé le problème, il n'a pas sollicité le conseil d'administration et il n'a pas pris les mesures appropriées. La première chose que j'ai fait lundi, c'est envoyer une lettre recommandée à la banque pour réclamer le remboursement". Délicate affaire, d'autant que la version de Gaëtan Guillou diffère sensiblement : "On essaie d'obtenir le remboursement depuis des semaines, avec les agios dus au découvert, car en plus, nous n'avions pas la totalité de cette somme sur nos comptes. La banque tarde à nous indemniser, je ne sais pas pourquoi. L'association a été victime d'escrocs, j'en ai supporté moi aussi les conséquences, puisque mon compte personnel, ouvert aussi à la Poste a été un temps bloqué par la banque, pour des raisons que celle-ci peine à m'expliquer. Il a été depuis débloqué. J'ai aussi porté plainte au nom de l'association, tout a été fait dans les règles". Gaëtan Guillou conteste aussi sa destitution : "La convocation du conseil d'administration n'a pas été faite dans le respect du règlement de l'association, tous les votes de destitution et de nomination d'un nouveau président sont donc invalides. Par ailleurs, j'ai tenté de convoquer une réunion, mais en plein confinement, la sous-préfecture de Chateaulin m'a confirmé que seuls les rassemblements de 10 personnes maximum étaient autorisés. Le conseil d'administration compte 15 membres, cette réunion n'était donc pas possible avant le déconfinement". Considérant qu'il en est toujours le président, Gaëtan Guillou va continuer à faire des démarches au nom du Centre généalogique du Poher. En Bretagne, région bénie pour la généalogie, les associations comptent fréquemment des centaines, voire des milliers d'adhérents. Et le confinement leur a plutôt profité, comme nous le confirme Jean-François Pellan, le président du Centre généalogique du Finistère qui a bénéficié d'un pic d'adhésions. En attendant, les 750 membres du Centre généalogique et historique du Poher se retrouvent avec... deux présidents.

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