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FamilySearch va numériser l’inscription maritime

Familysearch a signé une convention avec le Service historique de la Défense (SHD) afin de numériser l’inscription maritime de l’ensemble des ports. La numérisation doit commencer cet automne 2020, avec un projet pilote à Lorient, puis suivront Brest et Cherbourg, avant de se consacrer, à un horizon plus lointain, aux ports de Toulon et Rochefort. Pour Sylvain Athénour, responsable du projet chez Familysearch, « la numérisation de cet ensemble de registres va apporter un élan nouveau et intéressant pour la connaissance des carrières des marins et, dans une certaine mesure, des déplacements, puisqu’on y trouve aussi des listes de passagers ».

Un opérateur de numérisation devrait prochainement installer son matériel aux Archives de la marine à Lorient afin d’initier le projet pilote. « Nous démarrons par Lorient qui servira de référence pour notre connaissance des registres et de leur état, car en manipulant les feuillets, notre opérateur va pouvoir identifier ceux qui ont besoin de restauration ». Car même si de premiers sondages réalisés par les archivistes ont mis en évidence les registres les plus abimés, écartés pour être emmenés en restauration, la numérisation va permettre de repérer au fur et à mesure d’autres actes détériorés par le temps, les moisissures ou dont l’encre s’efface.

Il est difficile actuellement de prévoir la durée du chantier de numérisation, sans doute plusieurs années, vu l’ampleur de ces fonds. « À Lorient, nous nous attendons à couvrir les années 1764 à 1959, soit environ 250 000 images ; pour Brest, ce seront les années 1682 à 1962, soit environ 680 000 images ; enfin pour Cherbourg, nous travaillerons sur la période 1694 à 1967, soit au bas mot 268 000 images », estime Sylvain Athénour. Dans le lot, les images les plus récentes seront bien sûr non communicables, mais il a été décidé de les numériser en prévoyant ainsi leur mise en ligne ultérieure.

Dans un premier temps, un seul opérateur sera placé sur cette mission à Lorient avec les moyens de numérisation habituels de Familysearch. Ce sera un scanner grand format avec éclairage et fonctionnement manuel. Il sera impossible ici d’utiliser des appareils automatiques, inadaptés à de si vieux registres dont la taille, la qualité du papier et la fragilité sont extrêmement variables. « Mais le démarrage de Lorient va vraiment nous permettre d’ajuster différents paramètres, poursuit le chef du projet. Par manque de place à Lorient dans certaines salles, nous ne pourrons sans doute pas augmenter le nombre d’opérateurs, mais peut-être qu’à Cherbourg, nous pourrons installer plusieurs personnes. Et selon l’avancée de la numérisation à Lorient et de notre expertise, nous pourrons alors peut-être aussi ouvrir deux chantiers parallèles en simultané, si les services d’archives sont prêts. »

L’expérience des opérateurs est un autre facteur. Au début, il est parfois difficile d’atteindre les 4 000 vues réalisées chaque semaine, mais des opérateurs très expérimentés travaillant sur des supports en bon état, peuvent parvenir à des chiffres époustouflants, jusqu’à 20 000 voire 30 000 images par semaine… Familysearch ne fera travailler dans ce temps de la Covid-19 que des salariés, donc des professionnels. En effet, la pandémie a renvoyé chez eux les mormons retraités américains expatriés qui ont assuré la réussite d’autres opérations comme aux Archives de Paris.

Comme à chaque convention signée par Familysearch, les mormons travaillent gratuitement et donnent une copie des images numérisées au service d’archives concerné. Ici, le SHD pourra donc utiliser ces images afin de les diffuser sur un support qui reste à déterminer, soit directement le site du SHD, soit Mémoire des hommes. De son côté, Familysearch pourra également diffuser les images sur son portail afin de les rendre disponibles gratuitement pour tous.

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Commentaires

9 commentaires
  • Portrait de Cliquot

    Certes les arguments sont justes mais ils relèvent de la dialectique selon moi ; parfois les mêmes individus utilisent des arguments similaires quand la cnil préconise des interdictions ! Comme quoi c'est comme la "maux râlent" c'est juste une question de point de vue et d'intérêts ! J'ai fait des relevés de registres d'écrous de 1945 : il est hors de questions que mes relevés soient mis en ligne. Mais celui qui lit la presse pour cette année-là aura un accès à bien plus d'information que ce qui est écrit sur le registre ! L'éthique est une limite à sa propre liberté et vous engage à ne pas faire tout et n'importe quoi à n'importe prix !
  • Portrait de Marie Anto

    et pourquoi voudriez-vous que les lois en matière d'archives ne soient pas respectées ????
    • Portrait de Sauvêtre

      Parce que n'ayant aucune possibilité de vérifier je n'ai aucune confiance. C'est très facile de faire sa "tambouille" à l'abri des regards.

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