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Généalogie et ADN : une étude scientifique fait le point sur les risques

Puisque les bases de données génétiques recueillent désormais des millions de profils, les utilisations qui peuvent en être faites ne laissent pas d'étonner. Des chercheurs qui publient ce jeudi un article dans la revue Science ont étudié les données génomiques de 1,28 million de personnes ayant fait tester leur ADN sur MyHeritage.

Surprise, alors que cette technique est plutôt récente et que le nombre de profils n'est pas si élevé, on peut déjà trouver des liens de parenté à près de 60 % des profils d'individus d'origine européenne présents dans la base ! Un lien avec au moins un cousin au 3e degré ou parfois plus proche...

Et ce phénomène en dit long sur la possibilité d'identification des gens : dans un avenir proche, presque n'importe quel individu d'origine américaine ou européenne pourrait être identifié en consultant ces bases de données, sans eux même avoir déposé leur profil sur ce genre de bases. Une utilisation qui a été récemment illustrée par la traque policière réussie contre le tueur du Golden State, arrêté 30 ans après les faits grâce à l'ADN déposé par de lointains cousins. Entre avril et août 2018, au moins 13 cas de meurtres auraient été résolus par ce type de "recherches familiales à grande distance". Et 100 affaires seraient en cours d'examen, ce qui porte à croire qu'à long terme, ces méthodes pourraient devenir un outil d'enquête standard.

L'intérêt de cet article est double. D'une part, il prouve scientifiquement que l'exploitation de ces bases de données n'en est qu'à ses débuts. La génomique grand public ne cesse de s'étendre, en avril 2018, plus de 15 millions de personnes avaient passé des tests génétiques autosomiques, dont environ 7 millions en 2017.

L'autre intérêt de cet article est qu'il propose des solutions pour atténuer le risque d'identification générale de la population. Il suffirait par exemple d'instaurer un cryptage des données brutes mises à la disposition des usagers. Seule une tierce partie serait alors en mesure d'authentifier un fichier de profilage génétique. En complément bien sûr de protections que la loi pourrait offrir pour empêcher des utilisations abusives de la généalogie génétique. La loi en France interdit pour l'instant la commercialisation de ces tests, lorsqu'ils sont réalisés en France, mais elle pourrait changer à la faveur de la révision de la loi sur la bioéthique prévue en 2019.

La société MyHeritage commercialise en France des tests ADN à visée généalogique. C'est le directeur scientifique du site MyHeritage, Yaniv Erlich, qui est l'auteur principal de cette étude publiée dans Science.

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