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L'agglo de Montargis congèle ses archives pour les sauver de l'eau

Pas de chance pour les archives de l'agglomération de Montargis : elles ont été englouties fin mai pendant plusieurs jours sous les eaux en furie du Loing. Elles ne se trouvaient pas à leur emplacement habituel, l'hôtel Durzy qui est en travaux, mais dans la salle des coffres de l'ancienne Caisse d'Epargne, un deuxième sous-sol proche de la rivière qui a été particulièrement touché par les inondations.

Pour être précis, ce sont bien les archives de l'agglomération qui ont été touchées et non celles de la commune de Montargis. Heureusement, celles-ci se trouvent aujourd'hui conservées au deuxième étage de la médiathèque qui n'a de toutes les façons pas été atteinte par les eaux. Généalogistes, chercheurs et curieux peuvent donc continuer à y être accueillis, sur rendez-vous.

Pour les fonds de l'agglomération, la situation est toute autre : les 80 m2 de sous-sols qui abritent les archives ont été totalement noyés, jusqu'au plafond. Au total, près de 250 m3 de documents (délibérations, etc.) ont été submergés et abimés par l'eau. Certains documents sont irrécupérables, tandis que les autres font l'objet d'un traitement assez lourd.

Dans un premier temps, les archives trempées sont transférées dans un camion frigorifique à -20°C, explique un reportage de France 3-Centre. La congélation permet de stopper la détérioration du papier et d'éviter la prolifération de champignons et de parasites. Dans un second temps, les archives seront lyophilisées, c'est à dire par réchauffement sous vide, l'eau gelée sera directement transformée en gaz. Une technique coûteuse, mais efficace qui a été employée à de nombreuses reprises. Elle permet de rendre à la plupart des documents papiers (hors parchemins et cuirs qui ne le supportent pas), leur forme d'origine. Quant à la lisibilité, elle est préservée sur les encres anciennes qui ne passent pas après un simple passage sous l'eau.

La question de la préservation des archives prend une tournure particulière, alors qu'une loi actuellement à l'examen au Parlement prévoit de supprimer le second exemplaire de l'état civil, au profit d'une sauvegarde numérique. A Montargis comme dans toutes les communes inondées, on voit bien que les inondations ne font pas la différence entre le papier et les disques durs. Une certitude, un disque dur qui a passé trois jours sous l'eau peut rarement être récupéré. Ce qui n'est pas le cas d'une archive papier...

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