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L'annuaire des maçons de la Creuse en ligne

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L’association « Les Maçons de la Creuse » constitue grâce à ses travaux une base de données accessibles à tous, qui vise à recenser un maximum de ces migrants qui ont construit la France et dont le sang coule dans de nombreuses familles de tout le territoire.
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Capture Les Maçons de la Creuse

Les maçons de la Creuse sont bien connus pour avoir été les bâtisseurs de bien des villes et édifices de France. Un annuaire en ligne tente de répertorier un maximum de ces ouvriers.

On les appelait autrefois les « maçons marchois » parce que le territoire de la Creuse constituait l’ancienne province de la Marche ou encore les « maçons limousinant » car elle faisait partie du Limousin. Une chanson raconte que Paris doit notamment à ces bâtisseurs Notre-Dame, le Louvre et les Tuileries, le Panthéon et l’Odéon. Et les couplets de continuer « On les voit à Paris / En Bourgogne, en Champagne / Ils vont porter ailleurs / Leur vie aventureuse / Ce sont des travailleurs / Les maçons de la Creuse ». Nul ne saurait dire quand sont partis les premiers maçons mais il est sûr que c’était à une époque lointaine. Preuve en est, des actes de 1287 par lesquels le maître maçon Étienne de Bonneuil, originaire de la Marche, est autorisé par Philippe le Bel à se rendre en Suède pour édifier la cathédrale d’Uppsala. Mais la plupart des travailleurs restaient en France, par exemple pour bâtir la « Digue de Richelieu » à La Rochelle, la basilique de Saint-Denis, le château de Versailles et même celui de Vaux-le-Vicomte, sans oublier plus récemment le métro de la Capitale.

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La construction du château de Versailles, chantier auquel se sont consacrés des centaines de maçons marchois, peinte par Adam Frans van der Meulen.
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œuvre du domaine public : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Adam_Frans_van_der_Meulen_-_Construction_of_the_Ch%C3%A2teau_de_Versailles_-_WGA15115.jpg

Ces « émigrés de l’intérieur » partaient au printemps et revenaient aux premiers froids. La vie du bâtiment était rythmée par les saisons, les chantiers s’arrêtaient donc l’hiver et les maçons revenaient dans la Creuse auprès de leur famille. Il est alors facile de comprendre pourquoi, neuf mois plus tard, lorsque naissaient leurs enfants, les pères étaient absents et une société matriarcale gérait les villages. Mais parfois les migrants ne rentraient pas des « campagnes », frappés soit par l’amour, soit par la mort. Certains périssaient en effet dans des accidents et d’autres, célibataires au départ, s’installaient dans une autre région où ils avaient trouvé une épouse. C’est pourquoi le sang des maçons de la Creuse coule aujourd’hui dans les veines de nombreuses familles de tout le territoire.

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L’association « Les Maçons de la Creuse » constitue grâce à ses travaux une base de données accessibles à tous, qui vise à recenser un maximum de ces migrants qui ont construit la France et dont le sang coule dans de nombreuses familles de tout le territoire.
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Capture Les Maçons de la Creuse

L’association « Les Maçons de la Creuse » a identifié par ses travaux de recherche des milliers d’ouvriers du bâtiment et recueilli des centaines d’informations sur leur vie en Creuse et en migration. Elle met à la disposition de tous, en ligne, une œuvre collective intitulée « Annuaire des entrepreneurs et maçons migrants » qui intègre les migrants du bâtiment du XVIe au XXe siècles, qu’ils soient maçons, tailleurs de pierre, peintres, stucateurs, architectes, tuiliers, plâtriers, etc. Recensés, étudiés et partagés par les adhérents de l’association, ils sont issus de toutes les communes de la Creuse, ainsi que de certains des départements limitrophes, notamment le nord de la Haute-Vienne. Une sous-partie est consacrée aux ouvriers du bâtiment de l’ancien canton de Royère (23), particulièrement étudiés par la chercheuse Josette Moré.

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