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La Commission héraldique perd son rôle de conseil pour les particuliers

Les héraldistes, qu'ils soient simples amateurs ou pratiquants chevronnés ont découvert avec étonnement le Bulletin officiel n°309 du ministère de la Culture. Dans la liste des décisions apparaît un texte anodin sur la Commission nationale héraldique. La CNH est un organe consultatif chargé de donner un avis sur les projets héraldiques. Les connaisseurs auront tout de suite repéré que ce nouveau texte réglementaire fixant les attributions de cette instance consultative s'interprète surtout par ses manques. Toute allusion aux conseils donnés aux particuliers par la CNH a disparu ! 

Créée en 1999, la Commission avait justement vu ses prérogatives étendues en 2015, lui permettant de conseiller aussi les particuliers. On ne comprend pas pourquoi cela n'est plus possible, la CNH étant animé uniquement par des bénévoles. En effet, si elle est présidée par la cheffe du Service interministériel des Archives de France, la CNH comprend quatre membres de droit (issus des Archives nationales, de la BNF, du musée de la Monnaie de Paris et de l'association des maires de France) et cinq personnalités qualifiées nommées pour trois ans par le ministre chargé de la culture, principalement des conservateurs et directeurs d'archives départementales et aussi Michel Pastoureau, président de la Société française d’héraldique et de sigillographie, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études.

L'un des membres de la CNH dit avoir découvert cette disposition lors de sa publication au Bulletin officiel. "Les membres de la commission n'ont pas été informés au préalable. Je ne comprends pas, on s'occupe aussi bien des demandes des collectivités que de celles des particuliers, ce n'est pas une charge de travail écrasante. Nos réunions sont virtuelles à peine deux ou trois fois par an", explique-t-il. "Certes, les demandes héraldiques des particuliers sont plus compliquée à gérer humainement, motivées parfois par un important besoin d'autopromotion."

Toutefois, la Commission n'a jamais eu de pouvoir contraignant, n'ayant qu'un avis consultatif à donner sur les compositions soumises. "Il y avait bien une crainte en 2015, quand nous avons ouvert nos avis aux particuliers, c'était que nos avis passent pour une reconnaissance officielle par l'Etat des blasons familiaux", raconte un autre membre de la Commission. "Mais nous n'avions aucunement l'intention de ressusciter la fonction d'héraldiste du roi !", s'amuse t-il. 

Il reste que cette possibilité d'élargir les conseils aux particuliers avait été imaginée justement pour donner un regard scientifique sur les créations héraldiques familiales. Beaucoup d'amateurs ne maîtrisent déjà pas les règles complexes de description des armoiries, le blasonnement. La Commission nationale héraldique avait pour mission de dire non scientifiquement et expliquer pourquoi telle ou telle composition est totalement fantaisiste ou empiète sur les droits des armoiries d'autres familles existant parfois depuis plusieurs siècles. 

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