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La Grande Guerre vue par France 24

Parmi les médias français qui se sont le plus investis dans la couverture du centenaire, impossible de ne pas citer l’exemple de France 24. A l’instar de grands titres de la presse régionale, cette chaîne de télévision spécialisée dans l’actualité internationale a consacré une rubrique très riche à ce sujet sur son site Internet.

"Notre chaîne n’avait encore jamais couvert une commémoration sur cette longueur", précise Marie Valla, rédactrice en chef de la version française et anglaise du site Internet. "C’était donc pour nous un véritable défi." Un défi qui aurait sans doute été difficile de relever sans la forte implication de Stéphanie Trouillard, jeune journaliste passionnée d’histoire, qui s’est beaucoup impliquée dans ce projet.

"On a commencé par faire quelques articles, et comme la sauce a pris, on a décidé de partir sur un objectif d’un papier par semaine", se rappelle la jeune femme. Un pari qui s’est révélé gagnant. Pour preuve : l’audience de cette rubrique a décuplé entre janvier et décembre 2014 !

"Pour respecter au plus près la rigueur historique, je me suis beaucoup appuyée sur des travaux de chercheurs que j’ai tenté de vulgariser pour le rendre accessible au grand public", précise la journaliste. Un effort qui a payé ! "Des profs d’histoire-géo m’ont écrit pour me dire qu’il avaient utilisé mes articles comme point de départ de leur cours."

Pour intéresser le plus grand nombre, la journaliste a également choisi des angles dans l’air du temps. Sans trop de surprise, le papier qui a le mieux marché au second semestre est celui sur le rôle des prostituées dans la Première Guerre.

Pour coller au public de la chaîne, les deux jeunes femmes se sont aussi beaucoup intéressées au caractère mondial du conflit, redoublant de créativité pour trouver des sujets hors des sentiers battus, comme cet article sur la Première Guerre mondiale en Guinée équatoriale ou cet autre article sur les soldats bengalis de l’armée française tombés dans l’oubli. "Après le public français, on s’est rendu compte, grâce aux remontées d’audience, que les principaux lecteurs de ces articles viennent d’Afrique puis du Royaume-Uni, du Canada et des États-Unis, où on lit nos articles en français", précise Marie Valla.

Un autre type de papier qui a très bien fonctionné portait sur les recherches généalogiques que Stéphanie a menées en parallèle de son travail. "Pour parler de l’inauguration du mémorial de Notre-Dame-de-Lorette, j’ai pris le parti de retracer le parcours de mon arrière-grand-oncle, dont le nom était gravé sur le monument, nous raconte la jeune femme. Comme l’expérience a été bien accueillie par les lecteurs, j’ai renouvelé cette expérience lors de mon voyage sur le front d’Orient en écrivant un article sur mon grand-oncle qui avait été tué en Macédoine. Ces deux papiers ont très bien fonctionné car les gens se retrouvent dans ces histoires qui rendent la grande Histoire plus concrète et plus palpable."

Les deux femmes ont aussi travaillé sur les dates clés du conflit, comme l’attentat de Sarajevo, pour lequel Stéphanie Trouillard a proposé un diaporama mêlant images d’époque et photos actuelles. Pour le centenaire du 11 novembre elle a réalisé un webdocumentaire sur le jardin tropical de Paris, un lieu méconnu qui avait été transformé en hôpital pour les soldats originaires des colonies en 1914.

Si les deux femmes ont réduit la voilure en 2015, elles comptent bien poursuivre l’aventure aussi longtemps possible et pourquoi pas jusqu’à 2018. C’est tout ce qu’on leur souhaite.

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