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La Moselle met en ligne l'état civil ancien des communes de A à Ba

Sur le site des archives de la Moselle, l'état civil de toutes les communes dont le nom va de A jusqu'à Ba est en ligne. Cela concerne les registres de toutes les années allant de 1793 à 1871, cela, pour tous les arrondissements. L'annonce peut paraître surprenante -et tardive- pour tous ceux qui n'ont pas d'ancêtres mosellans, puisque tous les départements de France disposent de telles collections en ligne. Toutefois, le cas de la Moselle est trop particulier pour être réduit à cette seule analyse. 

Sur le site, vous pouvez donc consulter ces registres des communes de A à Ba et également l'état civil de l'arrondissement de Thionville qui a été publié en 2019. Pour les registres de la ville de Metz, le portail de la Moselle renvoie vers le site des archives de la ville où l'état civil communal est consultable en ligne.

Le portail départemental comporte depuis 2011 les registres paroissiaux de toute la Moselle depuis les origines jusqu'en 1792, que les actes soient catholiques, protestants ou juifs, à condition que les registres aient été prêtés par les communes. Le territoire de l'ancien arrondissement de Briey n'est pas concerné, les actes de la quasi-totalité des communes de cet arrondissement sont consultables sur le site des archives départementales voisines, celles de la Meurthe-et-Moselle.

Mais revenons sur le portail des Archives de la Moselle. La publication de la suite des registres paroissiaux, c'est à dire des actes d'état civil pour l'ensemble des communes et pour des dates plus récentes que 1871 est un obstacle sur lequel se heurtent tous les archivistes, même animés de la meilleure bonne volonté. En effet, le département est confronté à difficultés particulières liées à l'histoire et aux caractéristiques des registres. 

A un de nos lecteurs qui posait aimablement la question : quand aurons-nous l'état civil de Moselle en ligne ?, la réponse des archivistes mosellans laisse pointer un certain agacement... Les collectivités territoriales n'ont pas d'obligation légale "de financer avec l’argent du contribuable la mise en ligne des actes d’état civil ancien pour favoriser le loisir généalogique gratuit de certains usagers, quelle que soit l’utilité de numériser pour mettre à l’abri des collections parfois fragiles"

Un choix qui peut effectivement se discuter. Toutefois, la Moselle rencontre d'autres difficultés qui expliquent bien des retards : les collections départementales ont été incendiées en 1870, parfois les communes sont réticentes à prêter leurs registres, même pour une numérisation gratuite. Un autre point tient tout simplement à la composition des registres d'état civil. 

Quand en 1871, l’Empire allemand annexe l'Alsace et la Moselle, il impose dans ces départements les règles de l'état civil allemand. A partir de 1876, l'état civil mosellan intègre donc des mentions relatives à la religion qui n'existent évidemment pas dans les départements restés français. Sur les registres il est clairement indiqué la religion : protestant, catholique, juif (il n'y avait pas de musulmans).

Si l'on suit les recommandations de la CNIL, de telles mentions étant "sensibles", les généalogistes pourront avoir accès à l’état civil de l’année 1876 seulement à partir d'un délai de 150 ans, soit en 2027 pour les premières publications sur Internet ! 

Commentaires

11 commentaires
  • Portrait de HAMM

    Le département du Bas Rhin a numérisé les états civil jusqu'au 31.12.1912.
  • Portrait de Anne BUGOT

    Etat civil postérieur à 1871 disponible qu'en 2027 pour cause de CNIL ?! Sérieusement ? N'est-il pas possible de mettre en ligne au moins les registres jusqu'en 1900 ? Comme l'indique MILHYM, plusieurs départements mettent en ligne les archives concernant les personnes ne pouvant plus être vivantes aujourd'hui.
  • Portrait de MILHYM

    De A à Ba : Nous voilà bien ! Tout cela est d'une lenteur invraisemblable. Quand on pense que les registres paroissiaux ne sont encore pas tous en ligne, que l'Etat-civil va son train de sénateur (et seulement jusqu'en 1870 !), on croit rêver. Ne parlons pas des contrats. Non, il ne s'agit pas d'une simple "passion" ni a fortiori d'un "loisir généalogique" (expression au demeurant scandaleuse venant d'un responsable) mais bien de l'utilisation la plus démocratique possible -grâce aux techniques modernes- d'un patrimoine multi-séculaire et qui appartient à tous. Qui peut se payer le luxe de déplacements réguliers au centre des archives de St-Julien ? La plupart des autres départements de France l'ont compris et ont fait des efforts louables pour donner l'accès le plus large possible à ce bien commun. Pour ma part je peux citer le Bas-Rhin, la Meuse, la Côte d'Or, les Savoies, la Haute-Vienne, les Deux-Sèvres. Le Luxembourg a également fait le travail. Messieurs de la Moselle, vivez avec votre temps ! REVEILLEZ-VOUS !