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La SNCF met en ligne ses archives de 39-45

L'argent de la SNCF est-il sale ? Non, veut prouver notre compagnie nationale aux Américains qui la somment de faire toute la lumière sur son rôle dans la déportation de près de 76.000 Juifs au cours de la seconde guerre mondiale. La SNCF joue à fond la carte de la transparence en mettant en ligne toutes ses archives de 39-45, bien décidée à répondre à ses détracteurs. Car dans la course pour remporter les marchés des trains à grande vitesse en Floride, en Californie et surtout dans le Maryland, elle doit faire effort de repentance et montrer des signes d'ouverture de son passé, aussi sombre soit-il.

Jusqu'ici un peu hermétiques, les archives de la SNCF relatives aux années de guerre 1939-1945 ont donc été mises en ligne sur un site dédié afin de calmer fantasmes et rumeurs. Tous les documents de cette période ont donc été numérisés et laissés en libre consultation pour montrer factuellement que les agents de la compagnie ferroviaire n'ont fait qu'obéir aux ordres nazis et ont également souffert comme le reste de la population française et dans les mêmes proportions de la guerre et de l’occupation. Les archives donnent par exemple des listes d’agents déportés et tués et également des listes d’agents licenciés pour cause de communisme (suite à un décret du gouvernement de Vichy).

Car pour les néophytes, le site paraîtra bien barbare. Il n'est pas facile d'y trouver quelque chose de global et général, mais seulement des documents dont on ne connaît pas la logique de classement. Certes, le moteur de recherche est là, mais son exploitation demande des explications qui ne figurent pas en ligne. Si par exemple vous tapez "déporté", une liste de documents pêle mêle va sortir, sans qu'il soit possible d'en saisir le sens ou la logique. Saluons toutefois l'effort de transparence de la SNCF et parions sur la patience des chercheurs...

Ici, une vidéo du 25 janvier 2011 dans laquelle le président de la SNCF Guillaume Pépy reconnaît que son entreprise, bien que "contrainte, réquisitionnée", fut "un rouage de la machine nazie d'extermination" :

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