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Les fonctionnaires de la Culture iront travailler aux Archives nationales

Le scenario se précise, le site historique des Archives nationales dans le Marais à Paris devrait accueillir d'autres agents que ceux des archives, tout en s'ouvrant davantage au public. Dans un esprit de rationalisation, le Ministère de la Culture envisage de se séparer, pour 80 M€, des deux sites des rues de Richelieu et des Pyramides et de regrouper ses agents actuellement répartis sur sept emplacements franciliens, sur trois sites parisiens, révèle le Journal du Dimanche.

L'un des sites de destination serait le quadrilatère des Archives nationales. Concrètement, les fonctionnaires de la Culture devraient s'installer dans des bâtiments datant du XVIIIe siècle : les deuxième et troisième étages de l'hôtel de Rohan, dans les hôtels de Fontenay et de Jaucourt et dans la maison Claustrier donnant sur la rue des Francs-Bourgeois. Les Archives nationales conserveraient donc leurs implantations historiques familières des généalogistes, dans les hôtels de Clisson et Soubise, les Grands Dépôts, les hôtels d'Assy et de Breteuil ainsi que le bâtiment moderne du Caran (1988).

Avec les économies réalisées, un budget de 35 M€ permettraient de réaliser d'ici 2019, d'importants travaux : démolitions, restructurations, agencements de bureaux, de salles de restauration et de réunions et des aménagements de magasins d'archives mis aux normes, notamment incendie. Ces bâtiments sont pour la plupart inoccupés depuis le déménagement des archives postérieures à 1790 (hormis celles des notaires) vers Pierrefitte-sur-Seine.

Le projet, qui semble déjà très abouti, permettrait de concilier une offre patrimoniale avec une restructuration des magasins d'archives. Les décors de l'hôtel de la Chancellerie d'Orléans devraient être remontés au rez-de-chaussée de l'hôtel de Rohan, avec notamment des plafonds de Coypel, des décors sculptés de Pajou et des décorations de Wailly, tandis que le premier étage accueillerait les boiseries aux décors chinois du XVIIIe siècle dites du cabinet des singes et des boiseries bleutées dites du cabinet des fables.

A l'extérieur, la ruelle de La Roche qui traverse le quadrilatère dans toute sa largeur serait rouverte à la circulation des piétons, côté rue Vieille-du-Temple. Du côté purement archivistique, des fonds vont être sortis des sous-sols pour éviter la crue centennale et des greniers Soubise et ­Clisson pour éviter les risques d'incendie, tandis que des espaces permettant une valorisation scientifique, culturelle et pédagogique des ­archives seront créés.

Tout ce beau programme se heurte frontalement aux craintes des syndicats des personnels des Archives. La CGT-Archives s'est déjà élevée avec virulence contre ce projet "d'amputation" des Archives nationales, qui compromettrait selon elle, la poursuite de la collecte des archives des notaires parisiens. Un dossier qui devrait certainement susciter des réactions, voire de fortes oppositions.

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