Infos

Les indemnités versées aux propriétaires d’esclaves recensées dans une base de données

C'est un fait peu connu, mais les propriétaires d'esclaves ont été indemnisés lors de l'abolition de 1848. Dans le cadre du projet de recherche Repairs, une équipe du Centre international de recherche sur les esclavages et les post-esclavages du CNRS a retracé l'attribution de ces indemnités au 19e siècle dans les anciennes colonies esclavagistes françaises.

Ces informations sont consultables en ligne sur le site Esclavage et indemnités constituant la première base de données du genre. Elle est constituée de deux sources : la base Haïti 1825 recense les bénéficiaires de l’indemnité payée par Haïti en dédommagement des anciens propriétaires fonciers de l’ex-colonie française ;

La base 1849, plus large, concerne l'indemnité versée un an après l'abolition du 27 avril 1848, aux anciens propriétaires d’esclaves de La Réunion, la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, du Sénégal et de Nosy Bé et Sainte-Marie de Madagascar.

Les colons menaçant de quitter ces territoires, la France décide de verser 126 millions de francs or sous forme de versement immédiat en numéraire (6 millions) et de rente annuelle de 6 millions sur 20 ans, selon des montants différents pour chaque colonie.

Ce travail a permis de montrer plusieurs réalités sur l'esclavage. Par exemple, les indemnités n’étaient pas réservées seulement aux grands propriétaires : plus de 30% des bénéficiaires étaient des personnes de couleur qui possédaient quelques esclaves. Certains titres ont changé de mains afin d’éponger les dettes des anciens propriétaires : on pouvait donc devenir porteur de tels titres en tant que créancier mais sans avoir possédé d’esclaves.

Une carte interactive permet de visualiser et de comparer les politiques en termes de versement des indemnités par le passé, les politiques de réparation et les revendications actuelles de mémoire. Cette base se veut évolutive et collaborative : elle est amenée à être complétée au cours de futures recherches, ou par des utilisateurs qui souhaiteraient enrichir les données biographiques et généalogiques, en fournissant des sources. 

Commentaires