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Les origines familiales de Sempé

Décédé jeudi, le célèbre dessinateur était né le 17 août 1932 à Pessac, près de Bordeaux.

L’enfance de Sempé, connue par quelques confidences et détaillée sur Wikipedia « n'a pas été follement gaie. Elle était même lugubre et un peu tragique ». Enfant naturel, né trois ans avant le mariage de sa mère, Juliette Charlotte MARSAN, il avait été légitimé par le mari de celle-ci, Ulysse Edmond Sempé, représentant de commerce, qui dilapidait ses maigres revenus dans les bistrots et essuyait constamment les reproches amers de sa femme, au cours de terribles scènes de ménage.

Voilà peut-être pourquoi la généalogie présentée sur Geneastar est assez pauvre côté paternel…

Côté maternel, les racines restent dans le quart sud-ouest. Née à Bordeaux, la mère du dessinateur était fille d’un menuisier natif de Saint-Sever, dans les Landes, avec racines dans ce département (Aurice, Montgaillard…) et des patronymes bien typiques (MARSAN, LABADIE, LAMAIGNÈRE, BRETTES, DUCASSOU…). Cependant, sa mère, nommé LASMAYOUX et née à Donzenac en Corrèze, était la fille d’un terrassier (Victor LAMAYOUX, natif de l’Aveyron, avec racines à Rivière-sur-Tarn, Compeyre, Mostuejouls… et même quelques quartiers conduisant dans la Lozère voisine : RASCALOU/RASCALON, à Esclanèdes et Vareilles) et d’une ménagère, Marie VERGNE, native de Cressenssac, dans le Lot, famille qu’aucun généalogiste n’a pu à ce jour remonter très loin.

On s’intéressera enfin au patronyme SEMPÉ qui, même s’il n’était pas son héritage biologique était son nom légal, que le dessinateur a illustré. Un patronyme originaire du Béarn. Né à Bizanos, dans les Pyrénées-Atlantiques, Ulysse Sempé était le fils de Pierre, mécanicien, natif de Bénéjacq et lui-même fils d’un laboureur de cette commune, Pierre Sempé, qui devait ce nom à sa grand-mère paternelle, Anne SAINT-PÉE, épouse de Bernard MACIACQ, avec ici le classique et inévitable chassé-croisé des patronymes béarnais, du aux transmissions des terres. Comme chez les MARCIACQ eux-mêmes, qui étaient en fait des BADIE, dont un ancêtre avait épousé une MARCIACQ… La généalogie de Sempé est truffée de cas de ce genre, avec notamment une lignée CONDESSE devenue SALETTE…, des configurations auxquelles tout généalogiste travaillant sur cette région se voit constamment confronté.

La lignée SAINT-PÉ, s’affirmera au demeurant assez classique. L’aïeule par qui le nom est arrivé, nommée Anne MIRAMONT dite SEMPÉ était fille d’un Jean SAINT-PÉ, marié à Bénéjacq en 1748 avec Jeanne POEY, et petite-fille d’un autre Jean SAINT-PÉ, époux de Marie ARRABY, un couple que Pascal Doassans-Carrière précise dans son arbre en ligne sur Geneanet. Elle, nommée Marie CARLON dite ARRABIE, était la fille d’un CARLON, de Coarraze, et d’une ARRABIE. Lui, laboureur à Bénéjacq, nommé « Jean Pierre MIRAMON dit SEMPÉ, cadet », fils d’un André MIRAMON, marié vers 1705 avec une Catherine SAINT-PÉ, fille, selon l’arbre en ligne de Monique Bordenave-Lafargue, d’un Jean SEMPÉ époux d’une LABARRÈRE, couple qui nous conduirait au tout début des années 1600… Et à l’origine, un patronyme bien sûr issu d’un nom de lieu (Saint-Pé, forme régionale de Saint-Pierre), avec plusieurs communes de ce nom, dont Saint-Pé-de-Bigorre, non loin de Bénéjacq, et dans les Pyrénées-Atlantiques, Saint-Pé-de-Léren et Saint-Pée-sur-Nivelle, sans oublier des hameaux et lieux-dits ainsi nommés…

SEMPÉ/SAINT-PÉ, MIRAMON, MARCIACQ : une valse effrénée des patronymes, qui n’aurait pas manqué à coup sûr d’amuser l’illustrateur du Petit Nicolas…

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