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Louis Heinen, ouvrier-soldat

Par Anonyme

Belge d'origine, mon arrière-grand-père, Louis Heinen travaille en France comme fondeur pour la Société métallurgique de Gorcy (Meurthe-et-Moselle). Le 31 juillet 1914, c'est la mobilisation générale en Belgique. Ayant reçu une poche de laitier brûlante sur le dos quelques mois plus tôt à l'usine, il part à la guerre les mains encore bandées.

Avec son régiment de chasseurs à pied, Louis rejoint le front dans la région d'Anvers. Blessé, il est évacué vers l’Angleterre (via la France). D'abord hospitalisé au King's Albert Hospital n°3 à Londres, il est affecté en juin 1916 au détachement des soldats - ouvriers d’artillerie dans le village belge de Birtley-Elisabethville, près de Newcastle. L'usine de la « Nationale Projectile Factory » occupe essentiellement des soldats belges rendus inaptes. Louis travaille dans cette usine de munitions et d'obus jusqu’en octobre 1918. Acheminé au centre de triage d’anciens militaires d’Auvours (France), il suit la retraite allemande avec l’armée belge jusqu'en mars 1919.

Parti à la guerre gravement brûlé, Louis a dit à son épouse : « Ne vous inquiétez pas, ma chérie, dans 8 jours, je serais de retour à la maison ». Blessé pour la patrie, puis ouvrier munitionnaire en Angleterre, Louis est devenu un soldat de l’ombre. Les blessures contractées lors du conflit le laissent exsangue à l'issue de ces années de guerre. Âgé de 38 ans, il succombe le 16 avril 1925 pendant que sa femme met au monde des jumelles dans la pièce à côté.

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