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Maîtriser ses données personnelles, une contradiction généalogique ?

Le 6 juillet dernier, les eurodéputés ont voté à une très large majorité une résolution demandant à la Commission européenne de moderniser la protection des données. Dénonçant les dérives de la publicité comportementale, ils demandent que le droit à l'oubli soit effectif. Pour la socialiste Françoise Castex, rapporteur de la commission des affaires juridiques, la directive européenne de 1995 sur la protection des données personnelles est devenue obsolète. Les députés européens réfléchissent donc à un nouveau droit fondamental, celui pour chaque citoyen européen, de garder la maîtrise de tout ce qui le concerne sur Internet. Ils réclament notamment une meilleure information sur la collecte des données et sa finalité, sur les risques et les recours possibles, particulièrement pour les jeunes utilisateurs de réseaux sociaux.

Comme tous les citoyens européens, les généalogistes sont eux aussi très attachés à la protection des données personnelles. Et ils constatent comme tous, les méfaits de l'invasion publicitaire. Mais on pourrait aussi souligner les conséquences négatives d'un excès de protection. Quand votre voisin est un anonyme, quand plus personne n'accepte de figurer dans les annuaires téléphoniques, quand l'adresse d'une personne est protégée comme le secret bancaire, il devient plus difficile de faire de la généalogie descendante, de localiser et retrouver des cousins éloignés issus du même ancêtre.

Et que dire de l'esprit de la loi sur les archives, entrée en vigueur en 2008 qui abaissait justement les délais légaux de communication, dont ceux de l'état civil passés de 100 à 75 ans ? Déjà, il est parfois difficile de les faire appliquer aux archives départementales pour des raisons pratiques (tous les registres n'ont pas encore été versés par les administrations concernées). Mais sur Internet, alors qu'aucune disposition légale ne le prévoit, à part une recommandation de la CNIL (qui n'a pas de force contraignante), tous les sites Web d'archives départementales appliquent un délai de 100 ans, voire 120 ans, avant la mise en ligne de ces registres de naissance, mariage et décès.

Dans le cas des actes de décès, cette protection apparaît comme particulièrement rigoureuse, puisqu'il n'existe aucun délai de communication pour les actes de décès. Qu'en pensez-vous ? Croyez-vous que l'on se dirige vers trop de protection et qu'à terme cela risque de gêner la recherche généalogique ? Ou bien pensez-vous utile de préserver des informations personnelles des personnes vivantes ?

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