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Migrants et réfugiés de 1789 à 1900

Particulièrement sensible aux parcours des immigrés que l’on retrouve dans nos généalogies, pour être « le » spécialiste des recherches en Pologne, Philippe Chistol (lire son interview ci-dessous) consacre cet ouvrage très original et intéressant – et sans précédent – aux ancêtres étrangers, que nous nous découvrons parfois dans la France du XIXe siècle.

Avec ici tous les prisonniers et déserteurs des guerres de la Révolution et de l’Empire et les réfugiés, espagnols de 1813 et 1823 ou polonais de 1831. Des chiffres impressionnants : près de 45 000 prisonniers de guerre, vivant en France entre 1796- 98, ou encore 70 000 Autrichiens, en 1805. Des individus dont il parvient quelquefois à reconstituer brillamment les parcours. Une dernière partie est consacrée aux étrangers, également nombreux, dans la Commune de Paris.

L’auteur donne, en fin d’ouvrage, un inventaire des sources d’archives.

Trois questions à Philippe Christol

Qui êtes-vous ?

Un passionné d’histoire et plus encore de généalogie depuis plus de trente ans. Généalogiste professionnel depuis plus de dix ans, je suis connu et reconnu comme spécialiste des recherches en Pologne, pour avoir fait la généalogie de mes deux enfants, qui ont une ascendance polonaise, pays où j’ai habité neuf ans.

Pour ma part, bien que natif de Paris ayant grandi en Corse, j’ai la chance de descendre d’une famille originaire de l’Aveyron, où j’ai pu, grâce à de très riches archives notariales, remonter ma lignée agnatique dans la région du Larzac, jusqu’à un inventaire daté de 1554, qui m’a livré le plus ancien couple de porteurs de mon nom connu : Guinot Christol / Antoinette Périer, établis dans le village de Cornus.

Pourquoi ce livre ?

Dès que je me suis intéressé aux immigrés polonais, j’ai tenté d’en retrouver leurs traces dans les archives et c’est en les recherchant que j’ai découvert d’autres minorités, comme Espagnols ou Autrichiens et Italiens, elles aussi venues en France et y étant souvent restées. Ainsi les Espagnols arrivés à la suite de l’expédition française en Espagne, en 1823, dont j’ai découvert à cette occasion l’histoire méconnue. Ou comme ces étrangers de nationalités diverses, qui s’étaient retrouvés en 1871 dans les rangs des Communards. Des familles dont certaines sont issues de prisonniers de guerre faits par les armées françaises de Napoléon et de la Révolution. Après les avoir systématiquement recherchées, au travers des archives, j’ai mis à jour une histoire qui n’avait jamais été racontée et j’ai finalement décidé d’écrire « le livre qui manquait ».

Comment avez-vous travaillé ?

J’ai d’abord travaillé à partir de documents spécifiques, en ratissant systématiquement, lorsque je passais dans un dépôt d’archives départemental, des séries telles que 4M (réfugiés), L (Révolution) et R (Affaires militaires), dans lesquelles, selon les cas, je trouvais plus ou moins d’individus, mais finalement toujours quelque chose. J’ai ensuite mené des recherches documentaires et bibliographiques plus générales, notamment en travaillant dans les bibliothèques pour, une fois une masse d’informations réunie, les rassembler dans ce livre. Publié à compte d’auteur, il ne se veut pas un guide, au sens littéral du terme, mais entend donner des exemples, des références et des sources, pouvant aider chacun à orienter ses recherches racontant cette histoire dans son contexte.

Références

Migrants et réfugiés de 1789 à 1900, Philippe Christol, GeneaPologne Livres, mars 2022, 204 pages, 24 €, ISBN : 978-2-9582277-0-8.

Disponible auprès de l’auteur : 12 rue Ferdinand Fabre, 34090 Montpellier, www.geneapologne.com

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