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Pendant le confinement, du temps libre pour transcrire et indexer

Julien_Bernigaud

Julien Bernigaud a profité du confinement pour transcrire et indexer intégralement cinq registres concernant le Charolais.
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39 ans, passionné de généalogie depuis l’âge de 12 ans, Julien Bernigaud, salarié lyonnais et père de famille, regrettait de manquer de temps pour ses recherches personnelles. Tout au mieux une heure par semaine, partagée entre sa généalogie et un vieux projet de transcription d’un de ses fonds d’archives préférés, découvert lorsqu’il était étudiant : les « cherches de feux » bourguignonnes.

Mais le confinement lui a offert du temps libre. Avec trois quarts d’heure de télétravail par jour, à quoi s’ajoutent trois heures de suivi scolaire et de garde de son fils de 5 ans et quelques tâches domestiques, il se retrouve avec deux bonnes heures de temps libre. Il se précipite donc sur les cinq registres concernant le Charolais, numérisés et disponibles sur le site des Archives de la Côte-d’Or qu’il va non seulement transcrire intégralement mais aussi indexer. Cinq registres, comptant en moyenne 200 folios chacun, rédigés entre 1394 et 1543 et constituant une documentation unique et originale, livrant non seulement des informations sur les très lointains porteurs des patronymes régionaux mais éclairant magistralement l’histoire et la formation de ces patronymes.

Organisés dans un but fiscal par la Chambre des Comptes de l’ancien duché du Bourgogne, ces recensements des chefs de familles étaient effectués par des fonctionnaires ducaux se rendant sur place et cheminant d’une paroisse à l’autre, où des prud’hommes, avaient établi la liste nominative – avec prénom et nom – des chefs de familles – très majoritairement des hommes, aux côtés de quelques rares veuves.

La liste est présentée par hameaux ou par seigneurs, avec ici un pays d’habitat extrêmement dispersé et des patronymes nommant souvent les individus du nom des lieux qu’ils habitent – en se demandant si ce nom était bien déjà vraiment un patronyme ou une façon simple de les identifier, soit en l’ignorance de leur vrai surnom soit du fait qu’il n’en avait pas.

Des questions passionnantes, en marge d’un travail de transcription complexe et un rien fastidieux, exigeant de solides connaissances en paléographie, pour pouvoir identifier les prénoms, souvent diminués et presque toujours abrégés, et plus encore les patronymes. Un travail énorme, avec au total près de 20 000 individus, travail que le confinement permit à Julien de boucler en un temps record, pour le remettre avec plus d’un an d’avance au Cercle généalogique de Saône-et-Loire pour publication.

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