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Tests ADN généalogiques : le gouvernement s'y oppose

Pour la première fois à l'Assemblée, un débat s'est tenu sur les tests ADN "récréatifs". C'était vendredi 13 septembre, en commission, quand les députés ont examiné l'amendement n° 1542 proposé par Bruno Fuchs. Celui-ci voulait simplement supprimer dans la loi actuelle les mots « ne peut être entrepris qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique. Il », ce qui revenait à rendre possible la réalisation de tests génétiques par des particuliers sans avoir pour fin une recherche scientifique ou un examen médical.

Cet amendement a été retiré, mais il a fait l'objet d'une longue discussion entre députés, en présence des deux ministres de la Santé et de la Recherche. Cela a permis de dévoiler la position officielle du gouvernement sur ce sujet : il s'y oppose fermement. Agnès Buzyn après avoir déclaré qu'il s'agissait de « l’un des sujets les plus intéressants de ce projet de loi, car il interroge notre vision de la société et ce qui peut la transformer », a argumenté son refus.

La ministre de la Santé a expliqué que si les tests ADN étaient librement autorisés en France, ce serait alors « toute la population française qui se demanderait si elle n’est pas porteuse d’une maladie et risquerait de tomber sous l’influence de charlatans ». Bruno Fuchs, dans son amendement, regrettait que la France soit absente de ce nouveau marché de l'industrie génétique. Frédérique Vidal, ministre de la Recherche lui a répondu que « Faire de la génétique n’est pas un jeu et doit être impérativement encadré par des professionnels. »

On le voit bien, le débat s'est concentré sur l'unique point de la santé et a laissé de côté toutes les applications, non pas récréatives, mais sociales des tests génétiques. Les enfants abandonnés et adoptés et dans une moindre mesure, les recherches de personnes dans un but de réconfort familial ou généalogique ne sont donc pas des sujets d'intérêt pour le gouvernement.

A partir de combien de millions de profils ADN français analysés aux USA ou en Grande-Bretagne, le gouvernement cessera de fermer les yeux sur cette pratique largement installée de passer des tests génétiques à l'étranger ? Laissera t-on encore longtemps des entreprises étrangères s'approprier des données d'analyses de Français qui seraient si précieuses ? Donnera t-on sa chance à l'industrie hexagonale de la génétique, qui faute d'une loi adaptée et de l'encadrement adéquat, prend chaque mois un peu plus de retard ? Ces questions auront peut-être l'opportunité d'être posées à nouveau, puisque l'examen du projet de loi se poursuit à partir du 24 septembre, en séance cette fois-ci.

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