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Virulente sortie d'un sénateur contre la gratuité des archives !

A la fin d'une audition du Sénat sur les archives, le sénateur Alain Richard a pris la parole pour s'exprimer sur la gratuité. Dans une virulente sortie, l'ancien ministre de la Défense du gouvernement Jospin s'en est pris à la gratuité qui "pose une question d'intérêt général". Certes, le sénateur s'exprimait sur la réutilisation des archives par des acteurs privés, mais il a étendu ses propos à l'utilisation des archives par tout citoyen, ce qui ne laisse pas d'étonner...

Selon Alain Richard, la gratuité conférerait un "droit de tirage à tout citoyen, pour tout motif, même le plus futile, sur le temps et la diligence des fonctionnaires chargés des archives (qui) s'exerce au détriment de la collectivité". Véritable chantre de la communication payante, l'élu estime également que "la gratuité peut être, de plus, banalisante et dévalorisante, et modifier l'attitude des citoyens vis-à-vis du service qui leur est rendu. Ce principe, il faut le dire, n'est pas forcément égalitaire ni progressiste ; il coûte à la collectivité".

Sur sa lancée, le bouillonnant sénateur PS a également dénoncé, "malgré tout le respect qu'il éprouve pour le Président de la République, la mode de la transparence, un peu superficielle, (qui) méconnaît complètement l'intérêt général dans certains cas. Il existe de solides raisons de ne pas toujours imposer la publicité immédiate des archives. Comment un juge se prononcera-t-il s'il sait que ses propos dans le cadre du délibéré ne seront pas tenus secret de son vivant ? Le fonctionnement de la justice pourrait en être altéré", redoute t-il.

Des archives payantes et opaques ? Les généalogistes et tout le corps des historiens et des chercheurs se prennent à espérer que les paroles du sénateur Richard n'engagent que lui... Au Sénat, le 24 mars 2014, l'audition de Georgette Elbey, présidente du Conseil Supérieur des Archives et de Hervé Lemoine, directeur du Service interministériel de France n'avait pourtant pas vocation a défrayer la chronique. Il s'agissait simplement de rappeler l'action et la position du service des archives devant la Mission commune d'information sur l'accès aux documents administratifs et aux données publiques du Sénat dans le cadre de "l'open-data".

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