La police au siècle des Lumières

Catégorie : Expositions, Paris  |  le 12 Mars 2020 par Véronique Tison

La police des Lumières, Ordre et désordre dans les villes au 18e siècl

Au XVIIIe siècle, la police est une idée neuve en Europe dans toute l’Europe, même si Paris a pris de l’avance avec son lieutenant-général de police installé dès 1667 par Louis XIV et Colbert.

Le maintien de l’ordre, jusque-là assuré par les milices bourgeoises, incombe désormais aux commissaires de police – à Paris ils sont au nombre de 48, répartis dans 20 quartiers, avec sous leurs ordres agents, inspecteurs et espions (les "mouches") et, en cas d’émeute, l’appui de la troupe.

Les missions de cette nouvelle administration vont bien au-delà de la lutte contre la délinquance : régulation des marchés (pour assurer l’approvisionnement de la population en pain et éviter ainsi des troubles), surveillance du monde du travail, des mœurs et de l’opinion publique, mais aussi propreté des rues ou santé publique. La police veille ainsi à recueillir les enfants abandonnés ou à prévenir les noyades, un fléau de cette époque où les gens étaient nombreux à travailler au contact de l’eau, et ne savaient pas nager.

Mais cette police du progrès a aussi son versant sombre, celui de l’arbitraire reflétant l’organisation sociale violemment inégalitaire de l’Ancien Régime et l’absence d’Etat de droit sous la monarchie absolue. "A la veille de la Révolution, la police apparaît comme le bras armé d’un pouvoir despotique", résume l’historien Vincent Millot, l’un des commissaires de l’exposition.

Comme toujours aux Archives nationales, sont présentés au public des pièces rares : citons pêle-mêle des écrits royaux (une lettre de cachet de 1733, un courrier de Louis XVI à Turgot en 1775 où on lit que "Versailles est attaqué"), une déposition de Jean-Jacques Rousseau après le vol de ses chemises en 1752, des fiches de police sur Voltaire ou Diderot, une protestation du marquis de Sade après son transfert à Charenton en 1789, le masque mortuaire du bandit Cartouche ou tout simplement d’émouvants billets retrouvés sur des enfants abandonnés. En tout, ce sont quelque 200 documents et archives qui sont présentés, accompagnés de bulles sonores.

La police des Lumières, Ordre et désordre dans les villes au 18e siècle, du 11 mars au 29 juin 2020. Archives nationales-site de Paris, 60 rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris, du lundi au vendredi de 10h à 17h30, samedi et dimanche de 14h à 17h30, fermé le mardi et le 1er mai

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