La France étudie la remise d'une copie des archives coloniales à l'Algérie

Catégorie : Archives, Algérie, Maroc, Tunisie  |  le 11 Décembre 2017 par Guillaume de Morant

Le problème des archives empoisonne depuis 55 ans les relations entre la France et l'Algérie. Mais il pourrait bientôt trouver une voie d'apaisement après des gestes réciproques des deux pays. Lors d'une visite ce mercredi 6 décembre 2017 à Alger le président Emmanuel Macron s'est dit prêt à remettre à l’Algérie une copie des archives de la période coloniale française (1830-1962), réclamée depuis des années par Alger, a annoncé jeudi 7 décembre le premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, saluant une percée quant au dossier sensible de la mémoire franco-algérienne.

Les deux pays vont continuer à discuter à propos de cette restitution graduelle des archives, a ajouté M. Ouyahia. Parallèlement, Paris a évoqué un autre conflit, celui de la restitution de 37 crânes d’insurgés algériens tués au XIXe siècle par l’armée française et conservés au musée de l’Homme. Une loi devrait être votée par le Parlement pour sortir ces restes humains des collections publiques en principe inaliénables, si l'Algérie en fait la demande officiellement. Parallèlement, M. Macron a demandé des « efforts » aux autorités algériennes pour les questions de « mémoire et de reconnaissance ».

Les Archives nationales d'outre-mer (ANOM) conservent sur l’Algérie des archives ministérielles, provenant de Paris, des archives locales, provenant du gouvernement général de l’Algérie, de certaines préfectures et communes mixtes et des fonds d’origine privée. Les archives dites de gestion et provenant des administrations techniques et spécialisées (équipement, santé, travail, sécurité sociale, éducation, finances, cadastre, justice (civil), etc...) sont demeurées en Algérie, ainsi que les archives des mairies, ports, chambres de commerce, notaires, hôpitaux, théâtres, etc...

Les archives ecclésiastiques, privées, sont également restées en Algérie. Cependant un double des actes de catholicité est accessible auprès de certains ordres religieux (diocèse d'Alger = Clarisses de Nîmes, diocèse de Constantine = Clarisses d'Aix-en-Provence, diocèse d'Oran = Dominicaines de Taulignan). Les archives militaires sont conservées au Service historique de la Défense au château de Vincennes, à Toulon et au Centre des archives du personnel militaire à Pau. Quant à l’état civil de moins de 100 ans, il est conservé par le Ministère des Affaires Etrangères au Service central de l’état civil à Nantes.

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4 commentaires

Selig le 12 Décembre 2017 à 16h20

"Les archives ecclésiastiques, privées, sont également restées en Algérie" : ce n'est pas exact pour l'Eglise réformée de France en Algérie, qui a donné aux ANOM ses archives

serge le 12 Décembre 2017 à 11h59

une nouvelle fois cela me semble à sens unique , la France fait toujours les efforts mais pas l'Algérie , personne ne parle des archives municipales restées en Algérie et pourtant il serait logique que par réciprocité nous puissions avoir en retour les actes d'état civil resté là bas surtout dans le sud Algérien car nous n' avons rien au ANOM

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