Vendée : les leçons des inondations

Catégorie : Archives, Vendée  |  le 14 Septembre 2016 par Guillaume de Morant

Dans un rare effort de transparence, les archives départementales de Vendée ont publié sur leur site un compte-rendu de l'inondation du 28 mai 2016 survenue après un violent orage dans l'annexe située en périphérie de la ville. Les Archives avaient alors joué de malchance. C'était la deuxième inondation de l'année, après celle intervenue le 22 février, c'était alors une canalisation qui avait cédé dans le bâtiment principal des archives rue Haxo, et l'eau avait touché principalement le cadastre.

Les archives de Vendée expliquent tout cela en détail, à la manière d'un reportage précis, relatant les faits et les actions mises en place pour y remédier. Le 28 mai dans l'annexe, racontent les Archives, c'est donc un scénario catastrophe qui a atteint de précieux documents. Des pluies torrentielles s'abattent pendant une heure, des infiltrations surviennent par le toit, l'eau ruisselle le long des murs de deux magasins et s'infiltre par des fissures du plafond. Les sols sont partiellement inondés et l'eau se propage depuis le plafond sur les boîtes d’archives.

La réaction des personnels présents est immédiate : le compteur électrique est coupé, le sauvetage d’urgence commence dans l’heure. Aidé des pompiers, le personnel des Archives aspire l’eau au sol puis transfère les boîtes et liasses touchées vers une salle située au rez-de-chaussée. En parallèle, une batterie de déshumidificateurs est installée dans les magasins d’archives, afin de pomper l’humidité ambiante, mais aussi d’extraire l’eau présente dans les liasses et boîtes. Les dégâts ne sont pas minces : ce sont 300 mètres linéaires de fonds d’archives contemporaines de 1939 à 2007 qui sont touchés.

Dès le dimanche, les archives sont étalées pour permettre un séchage rapide. Puis des milliers de feuilles de papier absorbant sont disposées entre les pages des registres et liasses les plus mouillés afin de les assainir au plus vite, cette tâche étant fréquemment renouvelée. Toutes les boîtes humides sont enlevées et évacuées. Le lundi, les grosses machines arrivent : de plus puissants déshumidificateurs sont installés afin de faire descendre l’hygrométrie à 40 % durant trois semaines. Toute attaque potentielle des redoutables ennemis des archives -les champignons- doit être écartée.

A l’heure du bilan, l'utilité des boites d'archives en carton a pu être démontrée. Dans un premier temps, ils retiennent l’humidité, protègent les archives en faisant barrage à l’humidité ; dans un second temps, ils la restituent dans l’air grâce à l’installation d’un système puissant de déshumidification, avant d'être remplacés par des emballages secs. La mobilisation du personnel des Archives, mais aussi d’autres services du Département, a été essentielle. Prendre les bonnes décisions au bon moment, agir avec efficacité et rapidement, cela a permis de limiter les dégâts. Étonnamment après une pareille inondation, aucune restauration n’a été nécessaire.

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