Dassault : généalogie et patronyme à géométries variables

Catégorie : Célébrités, Moselle  |  le 30 Mai 2018

Serge Dassault

Né dans le 4e arrondissement de Paris, Serge Paul André BLOCH-DASSAULT, devenu DASSAULT a une généalogie dont les grandes lignes sont largement connues ( voir le petit arbre généalogique déposé sur Geneanet) comme l’est plus ou moins aussi l’histoire de sa famille au XXe siècle, avec deux frères, Paul et Marcel, nés en 1882 et 1892.

Le premier, polytechnicien, est devenu général. Le second, ingénieur aéronautique, a mis au point avec son ami Henry Potez, durant la Première Guerre, une hélice d’avion, testée par Guynemer, avant de concevoir un biplace d’observation et de créer la Société des Avions Marcel Bloch.

En 1946, après été deux fois interné – dont une fois à Büchenwald – il a demandé, de conserve avec son frère le général, de changer leur nom en Bloch-Dassault, en référence à Chardasso, qui avait été le nom de résistant du second. Une première étape, que Marcel a fait suivre d’une seconde, plus chirurgicale, en 1949, alors que son fils Serge est élève à Polytechnique, pour demander de carrément supprimer le nom d’origine pour ne porter désormais que celui de Dassault, alors que dans le même temps, il se convertissait au catholicisme.

Les origines familiales plus lointaines sont en revanche moins connues, même si la généalogie est parfaitement reconstituable.

La lignée paternelle est originaire de Metz, où ils comptaient au nombre des très nombreux négociants juifs de la ville. On peut sans trop de mal remonter jusqu’à un certain Michel Bloch-Marsal, né vers 1680, dont un descendant (Abraham, né en 1752) ira s’établir comme cabaretier à Fénétrange, où son fils, Joseph, sera marchand de bétail et revendeur. C’est avec eux que le patronyme se réduira au seul nom de Bloch, pour donner à la génération suivante, Louis Bloch (1813-1874), qui sera banquier à Strasbourg et quittera la ville, après la défaite de Sedan, pour ne pas devenir Allemand.

Voilà comment un de ses fils, Adolphe, se retrouvera médecin à Paris épousera Noémie Allatini, fille de Darius, lui aussi banquier juif à Marseille, et qui fera de lui le père des deux garçons déjà cités (Paul et Marcel).

Dans l’arbre généalogique, la branche Allatini mérite un zoom particulier, avec cette famille, originaire de Livourne, en Italie, qui s’était d’abord fixée à Salonique, avec Moïse Allatini (1809-1882), médecin devenu homme d’affaires et proche des Rothschild, dont les descendants avaient racheté la somptueuse villa du célèbre "Sultan rouge" pour avoir amassé une fortune considérable – la troisième disait-on de l’Empire Ottoman – avec minoteries, briqueteries, alcool, tabac… Une famille très puissante, par laquelle Marcel Dassault était le cousin germain du musicien Darius Milhaud.

Autre petit zoom généalogique, avec la famille de la mère de Serge, Madeleine Minckes, qui n’était autre que la fille de Hirsch Minckes, le fabricant de meubles qui avait durant un temps hébergé l’atelier de Marcel Bloch et lui avait donc donné sa fille en mariage. Une famille juive originaire de Vilnius, alliée à des lignées aux racines prussiennes…

Avec les racines dispersées entre la Lorraine et l’Alsace (avec un couple Levi/Goldschmitt, à Bischheim), les pays baltes et la Prusse, la Grèce et l’Italie, voilà vraiment une généalogie européenne !

En 1950, Serge Dassault a épousé Nicole Raffel, issue d’une famille juive originaire d’Alsace et de Lorraine, avec elle-même pas mal d’ancêtres Bloch, sans rapport avec ceux de son mari. De son mariage il a eu quatre enfants, à l’origine d’une descendance se ramifiant dans le monde des affaires :

  • Olivier (1951), industriel et homme politique comme son père ;
  • Laurent, président de Château Dassault et de l'Immobilière Dassault et père d’Adrien (1984), ex-époux de Marguerite Longuet, fille du ministre Gérard Longuet et donc neveu de Vincent Bolloré, dont un fils a épousé la petite-fille de Francis Bouygues ;
  • Thierry (1957), président de Dassault multimédia (spécialiste dans l'intelligence économique) ;
  • Marie-Hélène (1965), responsable de la communication et du mécénat du Groupe Dassault, mariée en 1989 avec Benoît Habert, polytechnicien et Directeur Général adjoint du Groupe Dassault.

2 commentaires

Lévy le 31 Mai 2018 à 19h17

Chardasso - Dassault, oui, pourquoi pas !
Par contre pour le petit arbre auquel vous faites référence, je crains que M. de Montvallon, qui copie-colle et recopie-recolle à tour de bras tout ce qui passe, dans sa grande poubelle fraternelle, nous raconte encore des bourdes ... s'il avait pris la peine de regarder la naissance d'Adolphe en 1843 et son mariage en 1878, il aurait peut-être noté les bonnes filiations.

TOMI Franck le 30 Mai 2018 à 11h34

Merci de m'avoir fait découvrir la nuance entre les expressions "de concert" et "de conserve". La seconde étant très appropriée au changement patronymique conjoint des deux frères.

Plan du site La Revue française de Généalogie