Les origines familiales de Rouget de Lisle, l'homme de La Marseillaise

Catégorie : Célébrités  |  le 13 Juillet 2015 par Jean-Louis Beaucarnot

L’histoire et la légende ont fait de l’auteur de La Marseillaise un personnage d’images d’Épinal, avec le célèbre tableau de Pils, le montrant chantant son œuvre chez le maire de Strasbourg, Philippe-Frédéric de Dietrich.

Mais la légende s’est totalement emparée de Rouget de Lisle, depuis sa naissance, le faisant naître part hasard sous les arcades de la rue du Commerce, à Lons-le-Saulnier, où l’on dit que sa mère, habitant le village proche de Montaigu, était venue faire son marché. On imagine la paysanne descendue de sa chaumière, avec ses œufs et ses fromages, pour les troquer contre quelques fruits de saison ou une poignée de haricots.

Heureusement, ici encore, le généalogiste peut venir au secours de l’historien pour rétablir les choses et préciser les origines du héros, dont le milieu familial n’était pas tout à fait aussi modeste.

La généalogie ascendante de Rouget de Lisle est en effet bien connue et disponible sur divers arbres en ligne, tant sur Gene@star que sur GeneaNet, où elle a notamment été déposée par Jean-Claude Munier. Une généalogie qui montre fils de notables. Son père, Claude Ignace Rouget, est avocat du roi à Lons. Ses deux grands-pères sont l’un juge et châtelain ; l’autre lieutenant de la Maréchaussée.

Côté paternel, les racines sont jurassiennes et bressannes, avec des ancêtres surtout concentrés aux confins du Jura, de la Saône-et-Loire et de la Côte-d’Or. Les Rouget sont connus depuis Denis Rouget, dit L’Ancien ou Le Vieil, né vers 1615 et établi dans le village d’Annoire (39), où il est qualifié de "marchand", comme le sera après lui son fils (Denis, Le jeune), marchand à Hotelans et Longwy-sur-le-Doubs. Des ancêtres qui sont tous de petits notables (marchands, procureurs d’office…).

Côté maternel, sa mère, Jeanne-Madeleine Gaillande, née à Lons, en 1734, était la fille d’un Parisien – mais d’une famille normande, originaire de Routes, en Seine-Maritime (de Gaillande) – que les hasards de la vie avaient conduit en Franche-Comté, où il avait épousé une Bisontine…

Pourtant, si la généalogie est simple, l’étude du nom vient tout compliquer, lorsque l’on cherche à connaître l’origine du "de L’ISLE" ou "de LISLE".

Un ancien article, adressé en 1917 par un certain Arthur Pougin au très érudit Intermédiaire des Chercheurs et Curieux, fait état d’une tradition locale, selon laquelle "son père possédait à Montaigu, un domaine qu'on appelait le domaine de l'Isle, parce qu'il était traversé par un cours d'eau au milieu duquel se trouvait une sorte de petit îlot. Or, on sait qu'au XVIIIe siècle, c'était une coutume assez répandue, que l'aîné d'une nombreuse famille fit une adjonction à son nom pour le différencier de ses frères plus jeunes".Une explication effectivement classique et tout à fait séduisabte, sauf qu’il ne semble pas exister de domaine de ce nom à Montaigu… Le seul que l’on trouve dans le Jura se situe plus au nord, à Villers-les-Bois, non loin du berceau des Rouget, dont il a pu être la propriété : une question à creuser…

Mais le plus troublant est que l’on trouve d’autres ROUGET de LISLE, a priori sans le moindre lien de parenté avec ceux de notre grand homme, et que la généalogie, disponible elle aussi sur GeneaNet établie par le célèbre généalogie Beauchet-Filleau, dit originaire de Montpellier mais fixée à Niort depuis les années 1650. Cette lignée a pour ancêtre François Rouget, huissier audiencier, contemporain de notre Denis "L’Ancien", et dont les descendants porteront les noms de ROUGET de LA FOSSE, ROUGET de GOURCEZ, ROUGET de MAIGNAN… et ROUGET de L’ISLE, avec un Thomas ROUGET de LISLE (seigneur de l’Isle), né en 1734, et dont les descendants seront très curieusement plus tard souvent considérés comme neveux de l’auteur de La Marseillaise… Une question complexe et enchevêtrée, que je laisse à qui le souhaite le soin de démêler, en me demandant si le capitaine Claude Joseph Rouget n’avait pas eu connaissance de cette lignée homonyme, à laquelle lui-même et sa famille ait cherché à se raccrocher… Une véritable énigme, sur laquelle personne ne semble s’être jamais penché.

1 commentaire

Bécu Robert le 28 Septembre 2017 à 10h18

Le nom de lisle viendrait de son grand-père résidant au hameau d'Hotelans,rattaché à cette époque à Petit-Noir. En effet on disait Rouget de Lisle en référence à des terres qui encore aujourd'hui se nomment la Grande Ille. Mais nous disons toujours simplement l'Ille. Ces terres sont sur le territoire de Longwy sur le Doubs. Hotelans est également rattaché à ce village.

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