Les racines familiales de Jacques Chaban-Delmas

Catégorie : Célébrités, Gironde  |  le 09 Mars 2015 par Jean-Louis Beaucarnot

Jacques Chaban_Delmas

C’est à Paris qu’est né le 7 mars 1915 Jacques Chaban-Delmas. Ou plutôt Jacques Delmas, tout court, puisque Chaban avait été son nom de Résistant. Un nom qu’il avait pris, au hasard, en août 1943, alors qu’il était en pleine campagne, en Dordogne, et qu’il avait vu un écriteau indiquant le "château de Chaban" (château se trouvant sur la commune de Saint-Léon-sur-Vézère).

Jacques Delmas confiait avoir été élevé dans un grand amour maternel, lequel irritait son père, "un très bel homme, fin, nerveux, artiste et coléreux", jusqu'à la naissance, en 1923, de sa sœur Nicole. Ses parents avaient divorcé quatre ans plus tard, et l’enfant avait tenu son père responsable de cette séparation, sa mère se remariant un an plus tard avec Maurice Legendre, un ancien pilote de chasse.

Mais si l’enfance est bien connue, les origines le sont moins et sa généalogie reste à ce jour pour partie encore inconnue.

Jacques Delmas était fils de Pierre Delmas et de Georgette Barroin.

Son grand-père paternel, Charles, était selon les uns artiste-peintre et selon les autres chanteur d'opéra à succès – peut-être les deux à la fois. Il avait d’ailleurs une sœur, chanteuse lyrique, marié à un chanteur lyrique d’origine espagnole. Ce grand-père avait épousé Clémentine Marquizeau, professeur de piano, que l’on découvre fille d’un boulanger de Pons, en Charente-Maritime.

Son arrière-grand-père, Louis Théodore, était né à Bordeaux en 1814 et les informations que l’on trouve à son sujet se révèlent erronées : sa date de naissance est fausse (21 octobre, pour 23 septembre), le nom de sa mère hésite entre Serre, Seré et Suret, et elle est dite née à Sainte-Suzanne, dans l’Ariège, où l’on le trouve pas…

Il en va de même pour l’arrière grand-père, Julien Delmas, époux de Madeleine GEMAR, cavalier de la garde municipale de Bordeaux, que l’on fait naître vers 1790 alors que l’âge déclaré à la naissance de son fils le ferait naître en 1769… Le couple ne semble pas Bordelais, mais à ce jour, personne n’a réussi à aller plus loin. Le patronyme GEMAR semble orienter vers la Dordogne (Bergerac, Le Fleix), où l’on ne trouve rien. Le lieu et la date du mariage Delmas/Gemar (G/Jemar(d)…) restent inconnus. À bon chercheur, salut !

Côté maternel, la famille de l’ancien maire de Bordeaux est beaucoup mieux connue, mais n’est nullement bordelaise.

La lignée Barrouin n’a rien à voir avec celle de l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, aujourd’hui maire de Troyes, qui était originaire du Morvan. Une lignée très bourgeoise.

Félix Jules Barrouin, grand-père maternel de Jacques Chaban-Delmas, facteur de piano à Paris, était fils d’un ingénieur (Charles Barthélemy), natif de Bourmont, en Haute-Marne et fils et petit-fils de teinturiers. Ces Barrouin descendent d’un Gabriel, né vers 1660, dont le fils s’est marié à Vrécourt, dans les Vosges, en 1719, et dont les descendants se sont au XIXe siècle alliés aux Bergier de Beauregard et Grégoire du Colombier (ce qui fait de Chaban le descendant direct du lyonnais Jean-Pierre Grégoire, baron du Colombier et de l’Empire). Ils se sont ensuite alliés aux De Brem (lorrains, écuyers, baillis de Puttelange, par lesquels Chaban descendait par les femmes des ducs de Lorraine, des comtes de Wurtemberg, etc … et de saint Louis). Sachant que la grand-mère Barrouin, née Darodes, renvoyait malgré tout dans le Sud-Ouest, et plus exactement dans le Lot-et-Garonne (Lamolère, tanneurs à Agen ; Darides et Fieux, bijoutiers à Nérac).

Dommage qu’il ne manque que les Delmas…

6 commentaires

DOUTRELANT Jean-Luc le 6 Mai 2019 à 13h20

Jacques Chaban-Delmas est aussi apparenté à un certain Antoine Robert Favier (1883-1911) qui, en son temps, a défrayé la chronique judicaire. Fils de Claudia Barrouin, sœur de Félix, le grand-père maternel de J-C-D, il a assassiné à Lille un garçon de recettes de la Banque de France, le 31 janvier 1910. Condamné à la peine capitale par la Cour d’Assises de Douai, il sera guillotiné à Lille le 11 janvier 1911. Il subira d’autres punitions, si l’on peut dire. Sur certains sites de généalogie, on trouve écrit, sous ses parents Adolphe Favier et Claudia Barrouin : « pas d’enfant connu » ou (pire) « Ils n’ont pas eu d’enfant ». Pire encore (à mon avis) : cet Antoine Favier avait un oncle, Victor-Jean Favier (1865-1919), qui préféra changer de patronyme pour prendre celui de sa grand-mère maternelle, Antoinette du Colombier (1808-1882, mariée à un Maussier), dont la sœur Adélaïde était aussi la grand-mère maternelle (1800-1856, mariée à un Bergier de Beauregard) de Claudia Barrouin. Je suis arrivé à ces informations en faisant la « généalogie » de l’immeuble où j’habite à Lille qui fut aussi le domicile d’Antoine Favier où fut commis le crime (un crime qui fit la une de toute la presse de l’époque. (Jean-Luc Doutrelant)

grandin le 12 Avril 2018 à 18h53

Le plus beau dans cette histoire généalogique de cet homme politique connu : c'est ce nom de Chaban, choisi au hasard et par les nécessités de la clandestinité des années de guerre .

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