Les racines familiales de Julien Gracq

Catégorie : Célébrités, Maine-et-Loire  |  le 22 Juillet 2010 par Jean-Louis Beaucarnot

Les racines familiales de Julien Gracq

On célèbre aujourd'hui le centenaire du grand écrivain Julien Gracq. Né le 22 juillet 1910 à Saint Florent-le-Vieil, dans le Maine-et-Loire, il se nommait à l'état civil Louis Poirier ; la mémoire veut qu'il ait choisi son pseudonyme dès ses premières publications, avec le prénom Julien, pris en référence à Julien Sorel, le héros de Stendhal, et le nom de Gracq en souvenir de Tibérius et Caius Gracchus, les deux frères qui avaient voulu réformer le système social de Rome et que l'on nomme communément "les Gracques". Mais si l'origine de son pseudonyme reste donc malgré tout quelque peu floue, sa généalogie est au contraire tout à fait retraçable.

Louis Poirier/Julien Gracq était le fils d'Emmanuel Poirier, mercier à Saint Florent-le-Vieil, et d'Alice Belliard, qui s'étaient mariés à Champtocé-sur-Loire (49), en 1898. Le grand-père paternel, Pierre-François Poirier, était boulanger à Saint Florent, et le grand-père maternel, Pierre-Félix Belliard, forgeron à Champtocé. En poussant plus loin la remontée des générations, on s'aperçoit que tous les ancêtres étaient concentrés dans un territoire très circonscrit, pour vivre presque tous sur les bords de Loire, en amont d'Ancenis : à Varades, Bouzillé, Saint Florent, Montrelais, Montjean, Champtocé, La Pommeraye, Saint Georges, ainsi qu'un peu plus au Sud, toujours sur la rive gauche du fleuve, à Saint Quentin-en-Mauges ou Saint Laurent-de-la-Plaine, où la plupart cultivaient la terre ou exerçaient des métiers artisanaux, comme taillandiers (fabricants d'outils) ou filassiers (blanchissant les fils de lin et de chanvre). Plusieurs, également, étaient mariniers sur la Loire. Seule, la lignée patronymique était originaire d'un peu plus au Nord. Les Poirier, arrivés à Saint Florent vers 1760, étaient auparavant établis à Candé et antérieurement à Saint Aubin-du-Pavoil, près de Segré, où l'on peut remonter leur lignée jusqu'au couple François Poirier/Jacquine Gaudin, mariés vers 1640. Ajoutons que ce patronyme, porté par plus de 9.000 foyers et venu d'un nom de domaine caractérisé par des poiriers, est bien trop fréquent, surtout en Anjou, pour que ses porteurs, même angevins, soient automatiquement des cousins de l'écrivain.

Voici cependant la liste des 16 couples rencontrés à la 6e génération, au milieu du XVIIIe siècle : POIRIER/BESNARD ; BIDET/BORDEREAU ; LEPINE/BERTHELOT ; BERTHELOT/DÉNÉCHEAU ; SAGOT/AMPROU ; DELAUNAY/MESNARD ; TOUBLANC/BOURGET ; CHAUVIRÉ-TERRIEN ; BELLIARD/THIBAULT ; VIAU/BRUNSARD ; BOUCHERY/LUCAS ; DELAUNAY/BOUMIER ; BURGEVIN/MAUGET ; FROMAGEAU/PIRON ; MOREAU/PERTUÉ ; COIFFARD/BRETON (avec probablement des parentés lointaine avec le peintre Robert Delaunay, dont les ancêtres étaient tailleurs de pierre et filassiers à Angers, aux XVIIIe et XVIIe siècles).

Au reste, on trouvera une très belle généalogie, extrêmement complète, allant parfois jusqu'à la 13e génération, déposée sur http://www.geneastar.org/ par l'association Les Cousins de la Marquise.

Photo : Julien Gracq à son domicile parisien le 30 mai 1984, par Gérard Gastaud

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