Un futur Louis XXI ?

Catégorie : Célébrités  |  le 02 Juin 2010 par Jean-Louis Beaucarnot

Un futur Louis XXI ?

La presse annonce la naissance d'un héritier futur du trône de France – et même de deux, deux jumeaux. Nés vendredi à New-York, Louis et Alphonse sont les premiers fils du prince Louis de Bourbon, âgé de 36 ans, considéré par les "Légitimistes" comme héritier actuel du trône de France. Car les royalistes français sont partagés.

Le 5 novembre 1712, devant les Cortès, le petit-fils de Louis XIV, Philippe d'Anjou, accédant au trône d'Espagne, a en effet solennellement renoncé au trône de France, pour lui et ses descendants, et cette renonciation a être confirmée l'année suivante par des lettres patentes de Louis XIV. Philippe d'Anjou a alors régné sur l'Espagne et après lui ses descendants, représentés aujourd'hui par Juan Carlos Ier.

Jusqu'en 1883, cela n'a guère posé de problème. Les descendants de Louis XIV, issus du frère aîné de Philippe d'Anjou, se sont succédés sur le trône de France avec Louis XV, Louis XVI, Louis XVII, Louis XVIII et Charles X. Ce dernier détrôné, on avait vu lui succéder, en 1830 – mais comme roi des Français et non comme roi de France – le duc d'Orléans, qui était devenu Louis-Philippe Ier, et qui descendait d'un frère de Louis XIV. Mais les "Légitimistes" le considéraient comme un usurpateur et lui vouaient d'autant plus de haine que son père – Philippe-Égalité – avait voté la mort de Louis XVI. Ils avaient alors défendu les droits du Comte de Chambord, petit-fils de Charles X et aîné incontestable des descendants de Louis XIV.

En fait, c'est à la mort de celui-ci, décédé sans enfants en 1883, que tout s'est compliqué. Si, conformément à la renonciation de 1712, on devait exclure tous les descendants de Philippe V, la couronne devait alors revenir aux descendants du frère de Louis XIV, c'est à dire au petit-fils de Louis-Philippe, ce qu'une faction des royalistes continuait à refuser mordicus. Ils argumentèrent alors que la monarchie française étant de droit divin, seul Dieu pouvait décider du choix de l'héritier et que toute renonciation au trône était par conséquent réputée illégale et nulle. Pour eux, l'héritier du trône de Louis XIV était l'aîné de ses descendants, même si ce dernier était un Espagnol. Et voilà notre grande division. Pour les uns – les "Orléanistes" – la renonciation de 1712 étant valable, l'héritier du trône de France est aujourd'hui l'aîné de la famille de Bourbon-Orléans, autrement dit l'actuel Comte de Paris, qui devrait être roi sous le nom de Henri VI. Pour les autres – les "Légitimistes" – l'héritier du trône est l'aîné des descendants de Philippe V, lequel aîné est aujourd'hui non pas Juan-Carlos mais le fils de son cousin germain, notre prince Louis de Bourbon, qui devrait être roi sous le nom de Louis XX, et qui vit actuellement entre Caracas, Miami et New-York, où viennent de naître ses fils. Ajoutons que les deux branches se disputent aujourd'hui âprement le titre de "duc d'Anjou" et que les deux jumeaux nés vendredi derniers ont été respectivement titrés par leur père ducs de Bourgogne et de Berry, sachant que des deux, Louis, né en second est comme il est d'usage considéré comme l'aîné des deux, pour être réputé avoir été conçu le premier et s'être trouvé au fond de l'utérus. Voilà comment on aura peut-être un jour un Louis XXI…

4 commentaires

cjdf le 26 Décembre 2012 à 01h48

Sur ce bon résumé expliquant l'origine des deux principales "factions" royalistes, je me permet de corriger un point : L'actuel Comte de Paris, Henri d'Orléans (né en 1933) serait roi sous le nom de Henri VII et non Henri VI. Celui qui fût considéré par les orléanistes comme étant Henri VI était son père, Henri Comte de Paris (1908-1999).

Fripouille le 2 Septembre 2011 à 23h01

Et jacouille...?

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