Ce qu'il faut retenir du Challenge Tarlan

Catégorie : Challenge Tarlan, Gironde  |  le 11 Septembre 2018 par Pierre-Valéry Archassal

Challenge Tarlan

"Tant que mon grand-père sera flou, je resterai floue" est le titre du travail commencé l’an dernier par l’artiste iranienne Tarlan Lotfizadeh. Sa campagne d’affichage sur les murs de Paris pour retrouver une femme inconnue photographiée par son grand-père lorsque ce dernier séjournait en France entre 1947 et 1948 avait attiré notre attention. Nous avions rencontré Tarlan lors de son séjour à la Cité des Arts, sur les bords de Seine, et nous avions décidé de l’aider.

Ainsi, depuis l’automne dernier, nous vous avons sollicités pour tenter de rendre "moins flou" le séjour du capitaine Mortéza Enchaï-Modjarade pendant ces deux années où il fut élève pilote à la base aérienne de Cazaux (33). En dehors de l’instruction d’aviation, qu’a-t-il fait ? Où est-il allé ? Qui a-t-il rencontré ?

Grâce à votre perspicacité, que ce soit en lisant notre magazine ou en vous connectant au site Internet, nous savons maintenant que certaines photos ont été prises à Murat, dans le Cantal. La "femme inconnue", que Tarlan recherche particulièrement, y apparaît mais nous n’avons toujours pas réussi à connaître son identité ni les circonstances de sa rencontre avec l’élève pilote. Était-elle originaire de Murat et a-t-elle fait découvrir l’Auvergne au jeune Iranien ? Ou bien étaient-ils simplement partis en vacances ? La voiture qui a été utilisée pour leur déplacement était-elle à l’inconnue ? Malheureusement ses plaques d’immatriculation n’en sont pas visibles…

Nous avons réussi à localiser précisément une photo prise à Paris où le grand-père de l’artiste apparaît en compagnie d’un autre homme ; nous avons progressé sur l’identification des tenues militaires qui figurent sur les photos de groupes ainsi que sur l’avion qui a dû servir pour l’instruction du capitaine Enchaï-Modjarade.

Un doute persiste néanmoins sur le modèle de celui-ci et Gilles Labourasse nous a écrit récemment pour contester l’hypothèse du Bristol Beaufighter car, dit-il, "ce dernier avait bien une prise d’air en partie haute du moteur mais pas en partie basse comme sur la photo". Il pense également que ce type d’appareil n’a pas été vendu ni cédé à la France et remarque un dernier détail : "le dessous du fuselage fait un très léger angle sur la partie arrière ce qui n’est pas le cas du Bristol. Par contre, le Vickers Wellington a une entrée d’air en haut et en bas pour certains modèles,son fuselage présente un très léger angle à l’arrière et des exemplaires ont été vendu à la France en 1946". Notre interlocuteur conclut donc qu’il s’agit bien d’un Vickers Wellington et il félicite Jean-Marie Chaffort, ancien officier de l’Armée de l’Air, qui a été le premier à suggérer cette hypothèse.

L’artiste Tarlan Lotfizadeh, avec qui nous sommes restés en permanence en contact au fil des mois, est très heureuse de l’élan de générosité dont vous avez fait preuve et des fruits issus de ce challenge de recherche. Depuis septembre 2017, elle est rentrée à Téhéran et, grâce à vous, elle a pu entretenir ce lien avec la France qui est né il y a 70 ans lorsque son grand-père est venu étudier à Cazaux. Après sa formation, il est devenu lui-même l’instructeur de plusieurs générations de pilotes iraniens. Il avait la passion de la photographie, sa petite-fille a fait de cet art son métier…

Au-delà des résultats, qui sont spectaculaires grâce à l’investissement de tous et de chacun, cette année de Challenge Tarlan est une belle démonstration de l’art de mener une enquête : analyser les "pièces à convictions", les regarder sous différents angles, savoir se remettre en question, prendre de la distance par rapport aux évidences et essayer de conclure quand l’étau se resserre sur les évidences. Bravo et merci.

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1 commentaire

Balthazar le 11 Septembre 2018 à 17h06

Pour l'avion, postez la photo sur un forum de fanas d'aviation, ils vont vous l'identifier en moins de deux.

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