Antonin Astruc, instituteur robuste

Catégorie : Hommage 14-18, Aveyron  |  le 03 Janvier 2019 par Catherine Astruc

Mon grand-père, Antonin Astruc, instituteur, né en 1893 à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) fut incorporé à 20 ans (01 décembre 1913) à Tunis au 4e de Zouave. Puis au 1er régiment de marche d'Afrique en Turquie.

Il fut blessé aux Dardanelles le 06 mai 1915 (poitrine traversée) en sauvant son lieutenant (lieutenant Feuille) sous le feu nourri des mitrailleuses. Il le chargea sur ses épaules et commença à revenir vers les lignes. C'est alors que deux balles l'atteignirent en pleine poitrine. À la nuit les brancardiers s'avancèrent, il n'y avait qu'un brancard. « Prenez le lieutenant » dit Antonin. Il resta ainsi une nuit et un jour entier. Le sang s'était coagulé et sans doute sa robuste constitution et ses 22 ans contribuèrent à lui faire tenir le coup. Le cri des blessés, l'appel des mourants, il ne devait jamais les oublier. Il fut évacué et ramené à Toulon, hôpital St-Mandrier le 13 mai 1915. Il fut à nouveau blessé à Verdun le 17 avril 1916 aux deux pieds.

À la fin de la guerre, il aspira à une vie simple et tranquille pour oublier ce long cauchemar et épousa sa marraine de guerre, Jeanne, avec laquelle il eut six enfants. Il fut pour nous un modèle de courage, de droiture et de dignité.

Il n'y a pas de document écrit sur ce qui est arrivé. Cependant Jean Astruc, son fils aîné, en a entendu le récit très souvent.

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