Gustave Gauthier, du Cameroun à Salonique

Catégorie : Hommage 14-18, Dordogne  |  le 15 Mars 2019 par Michel-Jean Gauthier

Mon père Louis Gustave Gauthier est né le 8 mars 1892 à Beauregard (Dordogne) où son père possédait une petite exploitation agricole.

Ses obligations militaires avaient mal débuté. En effet, comme c'était un cadet, il dut quitter la maison familiale. Aussi partit-il rejoindre un cousin au Sénégal, vers 1910. Il fut incorporé seulement le 16 novembre 1913 au bataillon d'infanterie coloniale de l'A.O.F en tant que Tirailleur Sénégalais, 2e classe... où la malchance le poursuivit : en effet il quitta le service militaire le 20 juillet 1914 avec une permission libérable de 42 jours, c'est-à-dire valable jusqu'à sa libération du service actif prévue pour le 1er septembre 1914. Malheureusement il ne pourra pas profiter de la fin de cette permission libérable puisque le 3 août 1914, l'Allemagne déclarait la guerre à la France.

Il était rappelé le 4 août et le 18 août, il était affecté à la Compagnie de Marche du Cameroun. Le 7 septembre il embarquait (4 transports de troupes et un croiseur Français) pour la conquête du Cameroun.

Après la reddition de Douala, une colonne importante prit la route de la capitale Yaounde. Le 26 novembre, eut lieu une violente attaque des Allemands combat au quel mon père prit une part très active et qui lui valut une nomination immédiate au grade de Caporal et une proposition pour la Médaille Militaire avec la citation.

A son retour à Dakar, il demande sa mutation pour l'Aéronautique. Après avoir suivi le cursus classique de formation du pilote de chasse, il est nommé Sergent, le 18 novembre 1916. A ce moment il est basé à Salonique. Il est blessé et hospitalisé à Salonique le 21 juillet 1917, son avion aurait été abattu par la DCA. Le 9 août, il partait en convalescence en France pour 50 jours. Il a gardé toute son existence plusieurs de ces éclats d'obus qui le faisait souffrir énormément et n'a plus jamais pu piloter.

Le 31 août 1918, il est nommé adjudant-chef et le 18 septembre, affecté comme contrôleur au 1° groupe d'aviation à Saint-Cyr. Le 5 avril 1919, il est placé en « position de congés illimité », c'est-à-dire démobilisé.

La suite : marié, retourné au Sénégal, 4 enfants, il rentre définitivement en France en août 1940, engagé dans la Résistance (Capitaine) et participant à la libération de Bordeaux puis de la poche de Royan.

Il décède le 4 avril 1962.

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