Joseph Portel, dans l'artillerie coloniale

Catégorie : Hommage 14-18, Martinique  |  le 27 Août 2018 par Jean-Jacques Portel

Né à St Pierre, Martinique le 17 novembre 1875, Joseph Portel est issu d’une fratrie métisse de trois garçons. Leur père Marius Portel, né esclave en 1839, sera affranchi de sa servitude en 1845 par son propriétaire Sieur Laporte et deviendra négociant et conseiller municipal à St Pierre (élections 1881).

En 1897 Joseph, mon grand-père, s’engage dans l’Artillerie de Marine à Fort de France, suivant l’exemple de son demi-frère, Auguste Portel.

Joseph Portel embarque pour Bordeaux en 1895 pour ne plus jamais revoir la Martinique .Nous le retrouvons en 1899 dans l’artillerie coloniale au Soudan, Sénégal, Niger (1901 en guerre). Il recevra la Médaille coloniale (agrafes Soudan, Sénégal) après l’épidémie de fièvre jaune qui frappa l’Ouest africain.

Le troisième frère Roger Portel (né St Pierre, 1884) suivra des études ecclésiastiques chez les Frères de Ploërmel. Victime du froid et de racisme, il rentre à St Pierre, devient instituteur laïc et fonde le Patronage démocratique de la jeunesse martiniquaise (1901) ce qui lui vaudra les Palmes académiques. Il mourra lors de l’éruption de la Montagne Pelée en 1902 après avoir envoyé une ultime lettre à son frère Joseph, lettre reprise dans plusieurs ouvrages sur la plus grande catastrophe naturelle française.

Maréchal des Logis dans l’artillerie coloniale, Joseph quitte l’Afrique en 1902 pour rejoindre le Tonkin jusqu’en1906 (en guerre) puis la Tunisie, où nait sa fille Roger, le Sénégal (paix), Madagascar (1915 guerre) où il reçoit la Médaille Militaire « pour sang ». De retour à Toulon (1917) dans l’artillerie coloniale il est dirigé sur Saint-Dizier et participe à la bataille de la Meuse (1918). Il meurt en Argonne le 30 octobre 1918, laissant deux orphelins dont mon père (né 1911).

1 commentaire

Daniel VINCENT le 27 Août 2018 à 14h51

De l'esclavage et des champs de cannes à sucre des Antilles jusqu'aux tranchées boueuses de Lorraine , un très long parcours ...du combattant. Gloire à ces héros ! "Pardonne-moi, camarade : comment as-tu pu être mon ennemi? Si nous jetions ces armes et cet uniforme, tu pourrais être mon frère..." Erich Maria Remarque dans son livre " Im Westen nichts Neues"

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