La famille Mazereau

Catégorie : Hommage 14-18, Vienne  |  le 09 Novembre 2018 par Robert Ouliac

Il est parfois des familles marquées par la guerre. C'est notamment le cas de celle d'Alphonse-Auguste Mazereau et de Marie-Louise Beausset.

Déposé par sa mère à l’hospice de Montmorillon le lendemain de sa naissance à Poitiers (86), le 15 juin 1859, Alphonse-Auguste Mazereau commençait bien mal sa vie. Il y resta jusqu’au 1er mars 1867, date à laquelle sa mère, alors âgée de 39 ans, le reconnut comme il est écrit dans les registres de la commune de Gouex (86).

Le 1er juin 1886, il se marie avec Marie-Louise Beausset.

Mazereau-Beausset Marie louise

Alphonse-Auguste va travailler au moulin de Villars à Persac comme ouvrier minotier. On dit de lui que « c’est un gars d’une force herculéenne ».

Ils auront huit enfants dont quatre d’entre eux participeront à la Grande Guerre.

Louis-Lucien-Alphonse

Né le 7 mai 1887 à Gouex, Louis-Lucien-Alphonse est incorporé le 8 octobre 1908 comme 2e canonnier conducteur au 33e régiment d’artillerie à Poitiers. Il est ensuite nommé brigadier le 25 septembre 1909 et devient maréchal de logis le 1er mars 1910. Il va faire une demande pour être gendarme à cheval et entre dans la gendarmerie nationale le 23 mai 1912 et est nommé gendarme à cheval à la 19e légion de gendarmerie. Il sera ensuite envoyé à La Calle en Algérie et y restera jusqu’en mars 1920. A son retour en France, il sera affecté à la gendarmerie de Loudun puis dans d’autres endroits : Candé (49), Joué-les-Tours (37), Bayonne (64) et est finalement rayé des contrôles en 1938, juste avant que ne débute la Seconde Guerre mondiale.

Louis-Jacques-Olivier

Mazereau Louis Jacques Olivier

Il est né le 26 septembre 1890 à Gouex. Il va grandir à Gouex et exerce la profession de cultivateur.Il est incorporé le 7 octobre 1911 au 45e régiment d’artillerie comme canonnier conducteur et restera sous les drapeaux jusqu’au 8 novembre 1913. Six mois plus tard, il est rappelé à l’activité et sera réincorporé en août 1914. Il va participer au combat de Vauquois et y sera blessé le 24 septembre 1914. Il sera proposé pour la réforme pour « cal irrégulier et difforme de la jambe gauche » et mis en congé. Il décède le 30 décembre 1918 à l’âge de 28 ans.

Marcellin-Elie-Paul

Mazereau Marcellin.png

C’est le troisième enfant d’Alphonse-Auguste et de Marie-Louise.

Il est né le 9 janvier 1893 à Gouex. Dès son vingtième anniversaire, il est incorporé le 26 novembre 1913 au 8e régiment de cuirassiers. Il va y être brancardier. Il y sera cité à l’ordre de la division (mai 1917) pour son « dévouement remarquable aux soins des blessés sous un violent bombardement » et salué (octobre 1915) comme « brancardier brave et dévoué sans souci du danger ». Il restera en activité jusqu’au 15 novembre 1919.

Camille-Jean-Baptiste

Camille-Jean-Baptiste, né le 11 juin 1895 à Gouex, ne vivra que 14 mois. Il décède le 7 septembre 1896.

Georges-Moïse

Mazereau Moïse

Le destin de Georges-Moïse, né le 27 juillet 1897 à Gouex, est tout autre. À peine âgé de vingt ans, le 9 janvier 1916, il est incorporé au 9e régiment de marche des Zouaves. Créé en 1914, ce régiment reçoit le baptême du feu à Carlepont dans l’Oise (une plaque est apposée sur le fronton de l’église de ce village).

Puis ce sera le canal de l’Yser, l’écluse de Het-Sas, l’offensive de Champagne en 1915, Verdun en février 1916, la côte du Poivre, le bois de Caillette, la Somme, le bois Sabot, Maurepas, en novembre Sallisel-Raucourt, en avril 1917 le Chemin des Dames, de nouveau Verdun, le bois Le Chaume, Chambrettes, le 14 juin 1918 Coeuvres, en juillet Saconnin-Breuil-Soissons, en août Hangest en Santerre, fin septembre Romains, Guyencourt, Berry-au-Bac. Le 8 octobre 1918, un mois avant l’Armistice, Georges-Moïse est tué lors de l’attaque de Berry-au-Bac dans l’Aisne. Il est inhumé dans la nécropole nationale de Berry-au-Bac, tombe n° 172.

René-Armand-André

Mazereau René  Armand.png

Sixième enfant du couple, René-Armand-André est né le 8 mars 1900. Il est incorporé le 15 mars 1920 au 4e régiment d’infanterie. Il ne connaîtra pas la Première Guerre mondiale.

Accomplissant ses obligations militaires, il se porte volontaire pour partir en Turquie. Il sera rapatrié en décembre 1921. Il passera avec succès les épreuves pour entrer dans la gendarmerie et débutera sa carrière à la 13e légion de gendarmerie en 1924. Il y poursuivra sa carrière jusqu’en 1955, date à laquelle il fait valoir ses droits à la retraite, après avoir connu cependant … la Seconde Guerre mondiale !

Lucienne-Solange-Marie-Elisabeth

Lucienne est née le 26 avril 1904. Elle décède à l’âge de 19 ans, de la grippe espagnole, maladie qui frappera aussi certains Poilus rescapés de la Grande Guerre. L’épidémie provoquera pas moins de 21 millions de morts, soit deux fois plus que la Grande Guerre !

Lucien-Marie-Amour-Joseph

C’est le jumeau de Lucienne. Après son service militaire, il sera conducteur de tramways à vapeur sur le parcours Chauvigny-Châtellerault puis agent des Ponts et Chaussées après l’arrêt et le démontage des lignes de chemin de fer.

Entre 1914 et 1918, le couple Alphonse-Auguste et Marie-Louise aura quatre enfants à la guerre … en même temps !

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