Louis Reder, sapeur-mineur

Catégorie : Hommage 14-18, Paris  |  le 21 Novembre 2018 par Denise Fossez

Louis Reder, mon grand-père, est né le 22 août 1886 à Paris IIe. Il est mort le 21 juillet 1918 à Ste Euphraise (51) et enterré au cimetière militaire de Bligny(51). Il laisse un enfant, mon père, âgé de deux ans.

Dans le civil, il était emballeur. Il était sapeur-mineur dans le Génie.

Ma grand-mère après son décès a reçu la lettre d’Henri Delos (datée du 12 août 1918) que voici.

Madame

J’ai reçu hier soir votre lettre du 8 courant ainsi que le petit billet qui été joint. Je ne mérite point tant de remerciement, car je n’ai fait que simplement mon devoir envers votre cher mari, mon grand camarade regretté.

Oui, quel terrible coup pour vous et votre famille, aussi je suis avec vous et votre famille pour partager ces chagrins que vient de causer ce malheur.

Maintenant que vous demandez comment il fut tué, je vais vous le dire sans grands détails, car j’ai peur de la censure et puisque je suis pour venir en permission je vous causerez (sic) de vive voix.

Nous sommes montés dans un village le 20 au soir, il était pris depuis 10 heures du matin, c’était pour organisé la défense de ce village, vers minuit un tir de barrage se déclencha sur nous, à 1 heure du matin, à 4 mètres de moi, Louis était couché, quand tout à coup, j’entends crier de tout côté, une marmite venait de tomber au milieu de nous. Louis me dit, je suis touché puis il tombe dans mes bras et ce fut tout, il était mort.

Quand, je l’ai relevé, il avait les deux pieds dans le trou d’obus, ce qui porte à croire que l’obus lui avait éclaté entre les jambes. Comme blessures, il avait les deux pieds sectionnés à hauteur de la plante du pied puis un éclat dans le dos, le bras droit presque arraché et un éclat dans la tête.

Il était mort avant que j’ai pu lui faire aucun pansement et la seule parole qui a pu me dire, suis touché, ce fut en mourant.

Je n’ai pas pu le ramener cette nuit-là, mais la nuit du lendemain 22, j’ai pu le ramener il fut enterrer le 24 au matin à Villedommange.

Je n’ai pas pu le fouiller car il nous ais défendu (sic), alors les papiers qu’il avait sur lui, ainsi que sa montre vous les recevrez du dépôt probablement.

Les quelques affaires qu’il avait dans son sac, je vais vous les envoyer de suite en colis recommandé.

Je vous remercie de la chance que vous me souhaité (sic) et pour le moment, je vais très bien, ainsi que ma femme et mon petit gars. Aussi je souhaite qu’il en soit de même pour vous et votre enfant ainsi que pour votre famille.

Recevez mes sincères salutations

DELOS Henri

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