23andMe assigne Ancestry pour contrefaçon d'un brevet sur l'ADN

Catégorie : Nouveautés, Etats-Unis  |  le 17 Mai 2018 par Guillaume de Morant

Pour ceux qui en doutaient, voici la preuve que les enjeux commerciaux sont forts sur l'ADN. En Californie, le 11 mai dernier, la société de tests génétiques personnels 23AndMe a déposé une plainte pour contrefaçon de brevet contre la société de généalogie Ancestry.com.

Motif : Ancestry informerait ses utilisateurs d'un lien de parenté possible avec d'autres utilisateurs en utilisant une méthode brevetée en juin 2013 par 23andMe. Précisément ce serait le brevet américain de test génétique détenu par 23AndMe n°8463554, intitulé Finding Relatives in a Database, nous informe Steve Brachmann, fin observateur des évolutions de société dans un article publié sur le site IPWatchDog.
A priori, ce brevet ne contient rien de bien transcendant : en résumé, il permet de déterminer le nombre de générations entre personnes partageant un ancêtre commun, en utilisant leurs informations de séquence d'ADN stockées dans une base de données et en informant au moins le premier utilisateur de la relation relative avec le second utilisateur.

Mais, selon 23AndMe dans son action en justice, cette technologie couverte par le brevet a amélioré les méthodes de l'art antérieur des tests génétiques. En effet, ceux-ci s'appuyaient sur l'ADN du chromosome Y masculin ou l'ADN mitochondrial. La méthode brevetée porte sur la séquence d'ADN et non sur l'ensemble du génome, un gain de temps évident.
La colère de 23andme a commencé quand les publicités pour le kit AncestryDNA prétendaient qu'il était beaucoup plus efficace que le kit 23AndMe, fournissant "5x plus de détails que d'autres tests". De son côté Ancestry a également déposé des plaintes concernant l'utilisation par 23AndMe du mot "ascendance" dans la publicité et les produits de l'entreprise...

Si ces mastodontes de la généalogie se livrent de telles batailles, c'est évidemment que les enjeux financiers de l'ADN sont colossaux. En France, les opérateurs nationaux n'ont pas le droit de commercialiser ce type de tests, ils doivent se contenter de regarder les opérateurs américains -qui désormais ne se cachent plus-, inonder le marché français. C'est bientôt la fête des mères, le kit ADN -américain- est en promo...

Liens

1 commentaire

Balthazar le 18 Mai 2018 à 18h03

Les Etats-Unis, ce pays où on peut faire breveter un simple concept sans même l'avoir testé, ce qui aboutit régulièrement à des batailles juridiques autour de ces brevets

Plan du site La Revue française de Généalogie