Challenge Tarlan : vos indices sur la formation militaire du grand-père

Catégorie : Nouveautés, Gironde  |  le 30 Décembre 2017 par Pierre-Valéry Archassal

Brevet de pilote Mortéza Enchaimodjarade

Suite à l'appel publié sur notre site Internet et dans La Revue française de Généalogie n° 233, vous nous avez adressé d'intéressantes pistes de recherche pour mieux connaître le parcours du capitaine Mortéza Enchaï-Modjarade en France entre 1947 et 1948.

Un lecteur qui connaît bien l’Iran nous transmet : "Face à la Russie et à l’Angleterre qui cherchaient à exercer sur lui une influence dominatrice, l’Iran a, dès le tout début du XIXe siècle, recherché l’appui de la France qui, au fil du siècle, aura dans les domaines culturel et scientifique une influence discrète mais très réelle. […] La victoire de 1918 renforcera l’inclination vers la France dans tous les domaines, y compris militaire et, jusqu’aux années 1940, des officiers iraniens seront formés dans nos écoles militaires.

L’Allemagne aussi gagnera en influence, surtout après sa victoire sur la France en 1940, à un point tel que l’Angleterre, soucieuse de protéger l’Empire des Indes, et l’Union Soviétique, craignant l’agitation en Asie Centrale, contraindront Reza Shah à l’abdication et l’exil en 1941. Avec les États-Unis ils occuperont militairement la majeure partie du territoire iranien, ce qui permettra l’acheminement d’une proportion essentielle du soutien matériel anglo-saxon à l’Union Soviétique jusqu’en 1944.

C’est tout naturellement que le jeune Mohamad Reza Shah, parfaitement francophone et grand admirateur du Général De Gaulle, mais surtout les cadres de l’armée iranienne et toute la classe politique ont, dès 1946, pensé que la France pourrait à nouveau aider à la formation d’officiers iraniens. Ceci explique la présence de plusieurs mois dans notre pays du Capitaine aviateur Mortéza Enchaï-Modjarade entre 1947 et 1948 pour une spécialisation. […]Il existe nécessairement des archives officielles françaises relatives au séjour en France de cet officier. Elles sont à rechercher d’une part dans les dépêches échangées par l’attaché militaire de l’Ambassade de France à Téhéran avec les services du ministère de la Guerre à Paris, d’autre part dans les comptes-rendus de sa formation à la base aérienne de Cazaux près de Bordeaux, eux aussi aux Archives de la Défense. Enfin, il est possible que le ministère de l’Intérieur, alors très vigilant quant aux activités des étrangers séjournant en France, l’ait suivi dans ses déplacements et ses relations (c’était le début de la "guerre froide"). Mais tout ceci risque d’être d’un accès encore réservé et inaccessible."

De son côté, Michel Trépin a mobilisé son réseau : "J’habite à proximité de la base aérienne 120 de Cazaux (NDLR : située sur la commune de La Teste-de-Buch). J’ai téléphoné à un ami, ancien officier de l’armée de l’Air qui pense qu’il sera difficile d’obtenir des renseignements sur un officier étranger. Habituellement l’armée ne conserve pas de dossier sur les étrangers, car les séjours sont souvent très courts.

Petite histoire de la BA 120. À partir de 1915, l’armée cherche un espace pour entraîner les pilotes au tir en vol. Le Commandant Marzac natif de la région propose à l’état-major la plaine de Cazaux et surtout son lac. De 1915 à 1940, Cazaux sera terrain d’entraînement des pilotes de l’armée de l’air. Puis de 1940 à 1945 la base est occupée par les Allemands. À partir de 1946-47 et jusqu’à aujourd’hui, la base redevient école de tir et conserve la tradition de formation de pilotes étrangers.

Il est possible cependant de contacter le Service des Archives de l’Armée de l’Air basé à Dijon." Il nous a envoyé l’extrait d'un bulletin de la Société historique et archéologique d'Arcachon de 2002 concernant les étrangers à la Base de Cazaux.

Les étrangers à la base de Cazaux

Hervé Pencalet pense que "les observateurs étaient formés comme les pilotes à Salon-de-Provence. Ils auraient peut-être leurs archives (Nom des élèves avec une adresse en France, voire un contact français)."

Notre conclusion (provisoire)

Nous comprenons mieux le contexte dans lequel l’élève aviateur a pu être accueilli pour sa spécialisation.
Nous avons interrogé les Archives militaires de Pau sur un éventuel dossier au nom de Mortéza Enchaï-Modjarade et nous leur avons demandé si les pistes de Dijon et Salon-de-Provence étaient à exploiter.
À suivre !

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