La base des Malgré-Nous s'enrichit d'archives numérisées

Catégorie : Nouveautés, France  |  le 26 Août 2020 par Guillaume de Morant

Les Malgré-nous, ces Alsaciens-Mosellans incorporés de force dans l'armée allemande pendant la Seconde guerre mondiale sont recensés dans une base de données publiée sur Mémoire des hommes, celle-ci vient de s'enrichit d'archives numérisées.

Les fiches conservées au Service historique de la défense (Caen) sont désormais en ligne. Elles comportent les données liées à l’état-civil de la personne et à l’attribution ou non de la mention « mort pour la France ». Elles offrent ainsi de nouvelles pistes aux chercheurs.

A partir de l'ordonnance du 19 août 1942, les jeunes Mosellans furent contraints d'effectuer leur service militaire dans l'armée allemande, le 25 août, les jeunes Alsaciens furent soumis à la même obligation. Jusqu’à la fin 1942, 12.000 jeunes gens prirent la fuite par la Suisse, malgré les terribles représailles encourues en cas de capture : confiscation de l’ensemble des biens des évadés et déportation de leur famille.

Certaines recrues refusant de porter l’uniforme allemand furent emmenées dans le camp de Schirmeck, où les menaces, les tortures et autres mauvais traitements eurent raison de leur résistance. 45.000 récalcitrants y furent internés et environ 27.000 civils dont un proche avait déserté furent envoyés en Allemagne, Pologne et Silésie après confiscation de leurs biens.

Plus de 103.000 Alsaciens et 31.000 Mosellans se retrouvèrent incorporés de force, affectés dans la Wehrmacht ou versés d'autorité dans la Waffen-SS. La plupart d'entre eux étant envoyés sur le front de l'Est, les Allemands craignant leur désertion. Selon certains historiens, 24.000 « Malgré-nous » sont morts au front, 16.000 en captivité dont environ un quart au camp de Tambov.

Des dossiers individuels des Incorporés de force sont conservés au Service historique de la Défense à Caen. On y trouve des documents d’état civil, de la correspondance administrative et de la correspondance familiale, des actes de décès en Allemand et en Français, parfois des photos…

La base de données publiée sur Mémoire des hommes reporte les informations issues de fiches nominatives renvoyant à ces dossiers. Elle ne prétend pas à l’exhaustivité.

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3 commentaires

ALBERT Denis le 3 Septembre 2020 à 18h06

Cette information est très bien conçue, merci, mais concernant la confiscation des biens, cela ne s'est pas fait systématiquement. Pour preuve, Mosellans, la famille de mes grands-parents maternels ont eu 5 enfants et l'un deux a été réfractaire au service militaire dans l'armée allemande. Après avoir été caché chez une tante dans la région de Thionville, il put migrer vers la France Libre. C'est ma mère, sa sœur, qui fut déportée pour fait de résistance. Interrogée à la prison de Sarrebourg, elle fut ensuite transférée dans le camp de transit de Neue-Brehm, dans les environs de Sarrebruck, puis dirigée vers les camps de Ravensbrück K4, matricule 64520, puis Oranienburg, matricule 7057 ou elle travaillera dans l'usine Auer, puis le camp de Sachsenhausen. Le 21 avril 1945, c'est la débâcle en Allemagne et suite aux bombardements des alliés, les prisonnières sont escortées vers une destination inconnue, encadrées par les SS. Le 3 mai, elle sera libérée par l'armée russe, à Putlitz. Le 9 mai, un échange a lieu entre l'armée russe et l'armée américaine à Neustad-Glewe. Le 29 ami 1945, maman retrouve sa famille lorraine.
Quant à ces Malgré-Nous, n'oublions surtout pas non plus que certains furent très "coopératifs" avec les Allemands et parmi ceux-ci, ceux qui faisaient partie de la division SS qui passa par Oradour-sur-Glane. Je n'oublierai jamais non plus, un de mes anciens supérieurs hiérarchiques lorsque je commençai ma carrière en Alsace, puisqu'il avait été adjudant-chef dans l'armée allemande, une très belle promotion pour un Malgré-Nous, et voulait appliquer les mêmes méthodes pour nous mater, comme il disait.

Hektor le 26 Août 2020 à 12h30

Merci de l'information mais précisons qu'il s'agit d'une base de malgré-nous morts au combat. Ceux qui ont survécu ne figurent pas dans la base.

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